Depuis toujours, la plupart des politiques publiques, même les plus pertinentes, peinaient à tenir la promesse des fleurs. Pourtant, bien élaborées à la base, avec une feuille de route bien libellée, elles n’arrivaient jamais à tenir leurs vraies promesses. La faute à un manque de suivi et/ou à des lourdeurs administratives chroniques. Entre surestimations, livrables peu satisfaisants, non-respect des délais… les griefs sont nombreux. Il fallait alors trouver un mécanisme pour suivre pas à pas l’évolution des projets et programmes, surtout dans un contexte marqué par la mise en œuvre d’ambitieux programmes de développement.
C’est ainsi que le concept de delivery unit a vu le jour, ou plutôt a été remis au goût du jour. De quoi s’agit-il exactement ? La delivery unit désigne l’entité opérationnelle chargée de mettre en œuvre, de coordonner et de livrer des projets, programmes ou services dans les délais, le budget et la qualité attendus. Elle transforme les décisions stratégiques en résultats concrets. La delivery unit est le bras opérationnel qui garantit que ce qui est décidé est effectivement livré. Le concept est apparu en 2001 avec le Premier ministre britannique Tony Blair. Il s’agissait, à l’époque, de centres au sein des institutions gouvernementales qui suivent les progrès accomplis et renforcent la capacité des ministères, départements et agences afin de mettre en œuvre les priorités politiques.
Aujourd’hui, l’approche est tellement novatrice que beaucoup de pays sont en train de travailler à la mise en place d’un cadre réglementaire. Au Sénégal, pour la mise en œuvre de la « Vision Sénégal 2050 », l’État, par le biais du Bureau opérationnel de coordination et de suivi des projets et programmes (Bocs), a commencé à travailler à l’installation de delivery units ministérielles. Il s’agit de mettre en place, dans chaque département ministériel, des unités qui coordonnent, suivent et évaluent les différents projets et programmes prioritaires. Cette approche trouve toute sa pertinence dans les lourdeurs qui caractérisent les procédures administratives, ralentissant l’efficacité de l’action publique. Lors de la réunion gouvernementale tenue le lundi 14 juillet 2025 et dédiée au pilotage de « l’Agenda Sénégal 2050 », le Premier ministre s’était montré ferme sur le sujet : « Je vais être clair : nous entrons dans une phase où chaque blocage aura un responsable identifié, chaque projet un échéancier précis, et chaque ministre une feuille de route claire, suivie et évaluée ». Outre le Sénégal, plusieurs pays dans le monde sont en train d’installer des delivery units. La Guinée, par exemple, pour la mise en œuvre de son Programme Simandou 2040, a mis en place sa delivery unit.
Elle est chargée de l’exécution effective et du suivi du programme. Elle est placée sous la supervision du Comité stratégique de Simandou, avec l’appui de cellules d’exécution ministérielles. Selon les autorités guinéennes, la création de la delivery unit s’inscrit dans une dynamique de modernisation profonde de la gouvernance guinéenne. Djiba Diakité, ministre et président du Comité stratégique de Simandou, indiquait dans une sortie que la delivery unit est un instrument essentiel pour garantir que la vision devienne réalité. Elle permet de traduire les choix stratégiques en actions concrètes, mesurables et rapides ».
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