L’Agence nationale de l’aquaculture (Ana) et la Fao ont ouvert, le mercredi 19 août 2026, à Dakar, un atelier destiné à 40 responsables de Groupements d’intérêt économique (Gie) évoluant dans l’élevage des huîtres. L’objectif est d’installer une culture de la donnée et du respect des normes sanitaires au sein d’une activité dominée par les femmes.
Sans données statistiques fiables et sans traçabilité rigoureuse, l’ostréiculture sénégalaise peine à structurer durablement son avenir. C’est le constat partagé, le mercredi 19 août 2026, par les principaux acteurs de la filière réunis à l’occasion d’un atelier de formation destiné à 40 leaders de Groupements d’intérêt économique (Gie).
Présidée par Samba Sarr, directeur technique de l’Agence nationale de l’aquaculture (Ana), devant Codou Diop, représentante de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), la rencontre cherche à poser les jalons d’une modernisation durable du secteur.
En effet, dans les zones côtières, les mangroves et les lagunes du pays, l’élevage et la cueillette des huîtres constituent une source vitale de revenus et d’emplois. Cette dernière représente près de 98 % des acteurs de la chaîne de valeur.
Toutefois, cette activité traditionnelle souffre encore d’un manque d’outils statistiques permettant d’évaluer avec précision les volumes récoltés et d’orienter les investissements publics ou privés. « Les données ne sont pas de simples chiffres inscrits dans des registres ; elles racontent la réalité de votre activité », a souligné Samba Sarr.
Sortir de l’informel par les chiffres
Pour le directeur technique de l’Ana, la maîtrise des volumes de production, de la biométrie des coquillages et du niveau de captage s’avère indispensable pour piloter la ressource de façon pérenne et défendre les intérêts des producteurs face aux acheteurs.
Les 40 responsables de Gie formés sont appelés à devenir les relais de cette méthodologie auprès de leurs communautés. Ce programme s’inscrit dans le cadre de l’initiative mondiale Fish4acp, portée par l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Oeacp), cofinancée par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique (Bmz), puis exécutée par la Fao.
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Le projet soutient notamment la stratégie décennale (2021-2031) adoptée par le Sénégal pour transformer la filière coquillage. Outre la collecte d’informations, l’accent est mis sur le strict respect des cahiers des charges et le renforcement du cadre sanitaire. Codou Diop a rappelé les avancées récentes permises par la Fao pour l’application des normes sanitaires et phytosanitaires (Stdf).
Ce volet comprend la formation préalable de 100 agents du ministère des Pêches et de techniciens de l’Ana au suivi sanitaire, ainsi que l’équipement matériel des acteurs locaux. Fish4acp a déjà mobilisé 220 millions de FCfa pour financer 28 projets productifs, dotant également l’Ana de 3 pirogues motorisées afin d’assurer l’encadrement technique sur le terrain.
« Sans respect des normes sanitaires, il ne peut y avoir d’accès durable aux marchés. Sans traçabilité, il ne peut y avoir de confiance », a rappelé Mme Diop, insistant sur le fait que la salubrité des zones de production et des centres de purification reste le verrou principal pour ouvrir la commercialisation aux marchés régionaux et internationaux.
Pathé NIANG

