La filiale sénégalaise du géant minier Fortuna Mining a officiellement inauguré ses nouveaux locaux mercredi dernier, marquant son passage stratégique de l’exploration à l’exploitation commerciale de l’or.
C’est un tournant décisif pour l’industrie extractive sénégalaise. Après une phase d’exploration minutieuse, BOYA SA, filiale du Groupe Fortuna Mining, s’apprête à lancer l’exploitation commerciale et le développement de ses gisements d’or au Sénégal, notamment à travers le projet Diamba Sud de la région de Kédougou, récemment renforcé par l’acquisition du projet Boto. Pour matérialiser cette transition et affirmer sa présence institutionnelle, la direction a inauguré son nouveau siège à Dakar. Un investissement colossal compris entre 150 et 170 milliards de fCfa a déjà été injecté pour la construction de la mine, promettant des retombées économiques majeures pour le pays.
Présidant la cérémonie, le ministre des Mines et de la Géologie, Cheikhou Oumar Seck, a salué cette étape importante qui concrétise le soutien de l’Etat au secteur privé national et international. Il a profité de l’occasion pour décliner les priorités de la vision minière nationale. « La politique de l’Etat dans le secteur des mines se résume en deux principaux points ; la souveraineté sur nos ressources et la transformation locale », a-t-il martelé.
Evoquant les avancées significatives enregistrées depuis le mois de juin sur plusieurs projets aurifères, le ministre a également annoncé la stabilisation imminente du cadre légal. Le nouveau code minier est en phase finale de bouclage, tandis que le décret portant sur le fonds de réhabilitation et celui lié au contenu local ont été finalisés. Au-delà de l’or, cette dynamique de transformation locale touchera également l’orpaillage artisanal, les phosphates pour la souveraineté alimentaire, et le fer avec pour cible ultime l’émergence d’une industrie sidérurgique lourde.
Pour le secteur privé, cette inauguration dépasse le cadre architectural. Selon le président de la Chambre des mines du Sénégal, Ousmane Mbaye, ce nouveau siège est un véritable « point d’ancrage, un espace de décision, de dialogue et surtout un signal fort de confiance dans le potentiel de notre pays ». Saluant la création d’emplois et les achats locaux déjà générés par le groupe, il a exhorté à rompre définitivement avec la simple logique d’extraction brute. « Notre ambition commune doit être de passer progressivement d’une logique d’extraction à une logique de création de valeur en renforçant les capacités nationales et en consolidant les partenariats avec les entreprises sénégalaises », a-t-il plaidé.
Représentant le Comité National de l’ITIE, le président Thialy Faye a souligné quatre piliers cardinaux pour le développement des projets dans la zone stratégique du Sénégal oriental à savoir le contenu local, l’emploi qualifié, le développement territorial et la transparence financière (divulgation des contrats, des revenus et de la propriété effective). « Nous encourageons Fortuna et Boya à inscrire leur développement dans une démarche fondée sur la transparence et le dialogue. L’ITIE n’est pas là pour se substituer aux administrations, mais pour créer les conditions d’un dialogue informé et constructif », a-t-il conclu.
Samba DIAMANKA


