Les acteurs du transport et du commerce du Sénégal, de la Gambie, du Mali et de la Guinée-Bissau dénoncent les lenteurs dans l’application des règles de libre circulation. Réunis à Ziguinchor, ils proposent un plan d’action pour fluidifier le transit et dynamiser l’intégration régionale.
La libre circulation dans l’espace Cedeao reste une promesse inachevée. Réunis à Ziguinchor, transporteurs, responsables portuaires, douaniers et commerçants des quatre pays de la sous-région ont fustigé les lenteurs dans l’application des textes qui régissent le transport au plan sous-régional. Retards, contrôles abusifs, pertes de marchandises…
Tous ces obstacles qui persistent et compromettent la compétitivité du commerce transfrontalier ont fait l’objet d’une sérieuse discussion. Pour Aladji Ousseynou Karamba, président du Cadre unitaire du syndicat des transporteurs du Sénégal, l’heure n’est plus au constat mais à l’action.
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« Trop de marchandises se perdent sur nos routes et les surcoûts pénalisent directement les filières sensibles comme l’agroalimentaire », a-t-il martelé. En réponse, il a annoncé la mise en place prochaine d’un observatoire chargé de suivre les pratiques aux postes de contrôle et de veiller au respect des textes.
Du côté gambien, le directeur du port de Banjul, Ousmaan Jabateh, a appelé à « transformer l’intégration africaine en réalité ». À ce titre, il a préconisé la création de plateformes logistiques le long des corridors pour accélérer le passage des camions.
Une thèse corroborée par le lieutenant Serigne Mbow, chef de la brigade des Douanes de Ziguinchor. « Les textes existent. Il suffit de les appliquer avec rigueur », a-t-il dit. Au niveau local, Papis Touré, président de la gare routière de Ziguinchor, a mis en avant l’impact direct sur les populations.
« Chaque blocage se répercute sur le prix payé par le consommateur. Fluidifier le transit, c’est aussi alléger le panier de la ménagère », a affirmé celui qui a été récemment porté à la tête de la présidence de la gare routière.
Ce forum, salué comme une étape décisive, ambitionne de poser les bases d’une coopération plus pragmatique entre les États concernés afin de transformer les défis du transit en levier d’intégration et de prospérité partagée.
Gaustin DIATTA (Correspondant)