Face à la hausse des températures et à une demande d’électricité toujours plus forte, le gouvernement a lancé une campagne nationale destinée à encourager les économies d’énergie. Les autorités veulent faire de la maîtrise de la consommation un levier de souveraineté énergétique tout en réduisant les coûts supportés par les ménages et l’État.
Le gouvernement veut faire évoluer les habitudes de consommation d’électricité. À l’initiative du ministère de l’Énergie et du Pétrole et de l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (Aeme), une campagne nationale de communication sur l’efficacité énergétique a été lancée, ce lundi 27 juillet, à Dakar, afin d’encourager les ménages, les administrations et les entreprises à adopter des gestes plus économes. En présidant la cérémonie de lancement, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, a inscrit cette initiative dans une vision plus globale. Selon lui, la souveraineté énergétique ne dépend pas uniquement de la capacité du pays à produire davantage d’électricité, mais aussi de son aptitude à mieux l’utiliser. « La souveraineté énergétique ne se mesure pas uniquement à la capacité d’un pays à produire son énergie. Elle se mesure aussi à sa capacité à l’utiliser de manière intelligente, efficiente et responsable », a-t-il déclaré.
Cette campagne intervient dans un contexte où les vagues de chaleur se multiplient et où les coûts de l’énergie demeurent fortement exposés aux fluctuations des marchés internationaux. Pour les autorités, la réduction des consommations inutiles apparaît comme un levier essentiel pour préserver les ressources du pays et limiter la pression sur le réseau électrique.
Les chiffres de 2025 donnent la mesure de cet enjeu. Les ménages ont représenté près de 42,7 % de la consommation nationale d’électricité, pour une facture globale de 293,8 milliards de FCfa.
Faire évoluer les comportements
Dans le même temps, une part non négligeable de cette énergie continue d’être perdue à cause de gestes quotidiens devenus presque anodins : climatiseurs réglés à des températures très basses, appareils laissés inutilement en veille ou encore éclairages maintenus allumés alors qu’ils ne sont pas utilisés.
Pris séparément, ces comportements paraissent insignifiants. Ensemble, ils alimentent pourtant une consommation importante qui pèse sur le système électrique national. « Chaque kilowattheure économisé est un investissement pour notre indépendance énergétique », a rappelé Abdourahmane Diouf. Selon le ministre, cette démarche s’inscrit pleinement dans la « Vision Sénégal 2050 » portée par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui fait de la sobriété énergétique un facteur de souveraineté économique, de compétitivité et de développement durable.
Pour traduire cette ambition dans les faits, la directrice générale de l’Aeme, Mame Coumba Ndiaye, a présenté les principales composantes d’une campagne. Déployée jusqu’à la fin de la saison des fortes chaleurs, elle vise à sensibiliser plus d’un million de personnes sur l’ensemble du territoire. L’Agence cherche à privilégier une démarche de proximité. Des caravanes vont parcourir les différentes régions du pays, tandis que des plateformes numériques, un numéro vert et plusieurs actions de terrain permettront d’aller directement à la rencontre des populations. Plus de 250.000 personnes devraient ainsi être sensibilisées de manière directe.
Toutefois, a insisté Mme Ndiaye, cet effort ne peut reposer uniquement sur les ménages. Les administrations publiques sont également appelées à jouer un rôle d’entraînement. « L’administration doit être, en premier lieu, exemplaire et impulser cette dynamique », a-t-elle affirmé, rappelant que l’Aeme s’appuie déjà sur un réseau de 255 gestionnaires d’énergie répartis dans les différents ministères.
Pathé NIANG

