À Ndingler, dans la commune de Ndiaganiao (région de Thiès), l’heure est désormais à la production. Après plusieurs années de tensions autour du foncier, une mission technique conjointe du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (Masae) et du Génie militaire s’est rendue hier sur le site pour préparer la remise en valeur de 80 hectares au profit de 39 familles. L’objectif est de transformer l’apaisement foncier en activité agricole, en revenus et en opportunités économiques pour les populations concernées.
Le dossier a connu une évolution majeure en janvier 2026 avec la renonciation volontaire de Babacar Ngom au titre foncier concerné, au profit de l’État du Sénégal et sans contrepartie. Cette décision a ouvert la voie à une nouvelle phase, centrée sur la mise en valeur effective des terres. La mission engagée par le Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage (Masae) vise précisément à franchir cette étape, rappelle un communiqué reçu, hier, vendredi 25 septembre.
Les équipes techniques ont effectué une reconnaissance des 80 hectares afin d’identifier les contraintes et de déterminer les travaux nécessaires à leur remise en état. La délégation réunissait notamment le coordonnateur du Programme des coopératives agricoles communautaires, Youssoupha Guèye, le conseiller technique du Masae et point focal du ministère des Forces armées, le colonel Wardini, ainsi que des représentants de l’Institut national de pédologie (Inp), de l’Ancar, des projets et programmes du Masae et du Génie militaire, conduit par le colonel Biaye.
La présence du Génie militaire doit notamment permettre d’évaluer les moyens mécanisés nécessaires aux travaux lourds. Débroussaillage, dessouchage, nivellement, décompactage et ameublissement des sols figurent parmi les opérations à envisager. Avant toute intervention, la sécurisation physique et administrative du périmètre constitue une priorité. La délimitation précise des 80 hectares, la matérialisation des limites et la disponibilité d’un plan cadastral fiable doivent permettre d’éviter de nouvelles incompréhensions et de sécuriser l’affectation des parcelles aux familles bénéficiaires. Cette étape devra être suivie par les travaux d’aménagement proprement dits.
Le dimensionnement des opérations permettra de déterminer les engins, les équipes, les délais et les moyens logistiques nécessaires. Mais la remise en culture ne pourra être durable sans investissements complémentaires. La protection du périmètre par une clôture et surtout l’accès à l’eau constituent deux conditions essentielles de la viabilité économique du projet. La réalisation de forages et d’un réseau adapté de distribution de l’eau est envisagée.
L’objectif est de réduire la dépendance exclusive à l’hivernage et, sous réserve des études hydrogéologiques, de permettre une diversification des productions et une activité agricole plus régulière. Le choix des cultures devra tenir compte des caractéristiques des sols, de la disponibilité de l’eau et des capacités des producteurs. Les cultures pluviales traditionnelles, notamment le mil, l’arachide, le maïs et le niébé, pourront constituer une première base.
Le maraîchage et certaines activités d’élevage pourraient compléter le dispositif lorsque les conditions techniques et économiques seront réunies. Babacar Dionne, porte-parole du chef de village, a salué cette démarche de terrain, qui doit permettre aux services de l’État de constater directement les besoins et de travailler avec les populations à leur résolution.
Oumar FEDIOR

