Les résultats de l’étude monographique présentés, le vendredi 21 août 2026, à Ziguinchor, dans le cadre du Programme accélération compétitivité et emplois (Pace), ont révélé le dynamisme du Pôle territoire Sud avec son immense potentiel (agriculture, ressources forestières, tourisme, position géographique…), mais qui reste encore largement sous-exploité.
ZIGUINCHOR – Le Pôle territoire Sud a des ressources, mais peine encore à les transformer en emplois, en revenus et en valeur ajoutée. C’est l’un des principaux enseignements de l’étude monographique dont les résultats ont été restitués, hier, vendredi 21 août, lors d’une rencontre consacrée aux perspectives économiques du territoire. Selon l’étude, l’économie du Pôle Sud reste fortement dépendante du secteur primaire, notamment de l’agriculture.
Le territoire dispose également d’un patrimoine forestier important, avec plus de 100 000 hectares dans la seule région de Ziguinchor. En 2023, le pôle représentait, par ailleurs, 41 % de la production agricole nationale, avec une forte concentration des cultures céréalières à Kolda et Sédhiou. Mais, derrière ces chiffres encourageants, se cache une réalité peu reluisante : faible transformation, enclavement, chômage et pauvreté persistent dans une zone pourtant riche en ressources naturelles.
« Pendant longtemps, l’État a été au centre de l’investissement et du développement en laissant peu de place au secteur privé. Aujourd’hui, il faut changer de logique et penser davantage à l’économie des Pôles territoriaux, à toutes les échelles », a préconisé Moussa Sall, consultant de la task force du Pace du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.
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Pour lui, le Pôle Sud souffre surtout d’une économie fragmentée. « Nous sommes face à une économie partagée entre le formel et l’informel, avec un chômage des jeunes estimé entre 35 et 40 %», a-t-il détaillé. Le paradoxe est encore plus frappant lorsqu’il s’agit de transformation.
« Ziguinchor dispose d’environ 2,4 millions d’hectares de terres potentiellement cultivables, d’un important littoral riche en ressources halieutiques, d’un port stratégique et d’un patrimoine touristique considérable. Pourtant, l’agriculture crée encore très peu de valeur ajoutée : seulement 2 à 3 % de la mangue sont transformés et le territoire perd une part importante de la valeur de l’anacarde en exportant la noix brute », a diagnostiqué M. Sall.
« Plusieurs industriels installés dans la région finissent par fermer parce qu’ils ne parviennent pas à sécuriser leur approvisionnement en matières premières. Une grande partie de la production de mangue reste ainsi sans véritable valeur faute de transformation », a déploré Moussa Sall. Face à cette situation, il mise sur le Pace et surtout « sur la structuration des chaînes de valeur et donner au secteur privé une place réelle dans les différents maillons », a insisté le consultant.
Une analyse partagée par le deuxième vice-président du Conseil départemental de Ziguinchor, Alphousseyni Diédhiou. «Cette étude nous permettra de mieux connaître les potentialités du Pôle Sud et servira aussi de document de référence pour notre planification», a déclaré le collaborateur du président Georges Mansaly.
Gaustin DIATTA (Correspondant)

