À l’occasion d’une cérémonie solennelle dédiée au départ à la retraite de cinq employés modèles, jeudi, la direction de la Société africaine de raffinage (Sar) a dévoilé des performances financières satisfaisantes. Le bénéfice de l’exercice 2025, s’élevant à près de 35 milliards de FCfa, constitue un record absolu depuis la création de l’entreprise en 1961.
La Société africaine de raffinage (Sar) a annoncé, hier, jeudi 8 janvier, un bénéfice net de près de 35 milliards de FCfa au titre de l’exercice 2025, un niveau inédit depuis sa création en 1961. Cette performance remarquable a été rendue publique à l’occasion d’une cérémonie solennelle consacrée au départ à la retraite de cinq employés, dans un moment à forte charge symbolique pour l’entreprise. Au-delà du résultat comptable, l’annonce marque une étape décisive dans l’histoire industrielle du Sénégal. En effet, elle consacre la maturité d’un outil stratégique national et ouvre un nouveau cycle de transformation orienté vers la modernisation de l’appareil productif et le renforcement de la souveraineté énergétique du pays.
Le directeur général de la Sar, Mamadou Abib Diop, a débuté son discours par un hommage appuyé aux cinq retraités, symboles des valeurs fondatrices de l’entreprise. « Au-delà des noms et des fonctions, vous êtes des femmes et des hommes dont les parcours incarnent profondément l’esprit de la Sar, le sens du devoir, la rigueur, la solidarité et l’amour du travail bien fait », a-t-il déclaré, saluant également leur contribution à l’édification de ce « patrimoine national ». M. Diop a insisté sur la nécessité de capitaliser sur leur expertise via un transfert de connaissances, notamment dans le cadre du projet de la Sar Académie.
« Ce n’est pas uniquement grâce au directeur général, c’est grâce aussi à tout le personnel », a-t-il souligné, attribuant ce triomphe financier au dévouement collectif et à une culture d’entreprise axée sur la sécurité et la performance. Le président du Conseil d’administration, Adama Faye, a salué la « résilience » et « l’abnégation » des retraités, leur transmettant « un outil industriel stratégique » en bon état. Il a confirmé que la Sar, « à la croisée des chemins », faisait face à des défis de modernisation et de gouvernance cruciaux et relevables grâce à la « volonté affichée des autorités » et à un « pacte social » apaisé avec les syndicats. Toutefois, la Sar « ne se repose pas sur ses acquis », a tempéré son directeur général.
L’entreprise s’engage dans une « phase de transformation majeure ». Au cœur de cette ambition figure le projet Sar 2.0, une seconde raffinerie présentée comme la clé de la souveraineté énergétique sénégalaise. « Avec la deuxième raffinerie, le Sénégal n’importera plus de produits raffinés », a assuré Mamadou Abib Diop. Il a, dès lors, évoqué un impact positif attendu sur la balance commerciale, l’emploi et l’action sociale.
Ce mégaprojet, dont les études d’évaluation macroéconomique sont en cours, avec plus de 10 investisseurs potentiels, sera conditionné à la modernisation du site historique de 1961 pour le mettre aux normes environnementales, particulièrement Africam 6, à l’horizon 2030.
Pathé NIANG

