Relever le défi du stockage, de la conservation, de la transformation et de la commercialisation : tel est le challenge lancé par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage. C’est dans cette optique que Cheikh Oumar Ba a visité, samedi 18 juillet, le hangar frigorifique moderne de la Société africaine de distribution de denrées alimentaires (Sadidal).
Après la production, le stockage constitue un défi majeur pour le secteur agricole. C’est dans ce sens que le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikh Oumar Ba, a visité, samedi 18 juillet 2026, le hangar de la Société africaine de distribution de denrées alimentaires (Sadidal) à Notto Diobass. Selon un communiqué reçu hier, dimanche, ce déplacement s’inscrit dans la volonté des autorités de rapprocher davantage l’action publique des réalités du terrain et de renforcer l’implication du secteur privé national dans la construction d’une agriculture performante. Il a donc permis au ministre d’échanger avec les producteurs, les coopératives agricoles, les responsables de l’entreprise et les différents acteurs de la chaîne de valeur sur leurs contraintes et leurs attentes. « Notre démarche s’inscrit dans le changement de méthode auquel le Premier ministre a invité le gouvernement : être constamment aux côtés des producteurs, du secteur privé et de l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur pour écouter leurs préoccupations, apprécier les réalités du terrain et faire en sorte que chaque décision prise au niveau central produise des résultats concrets », a déclaré M. Ba.
Au cœur de l’expérience de la Sadidal figure un modèle fondé sur la contractualisation avec les producteurs. Depuis 2014, l’entreprise accompagne, en effet, des coopératives agricoles dans un système de production sous contrat, qui permet de sécuriser les débouchés avant même le démarrage des campagnes. Cette année, près de 1000 hectares seront exploités dans ce cadre. De l’avis du ministre, cette démarche constitue un levier essentiel pour moderniser l’agriculture. « Vendre avant de produire » permet de réduire les incertitudes liées au marché, d’encourager les producteurs à investir davantage et d’améliorer durablement leur productivité.
L’autre enjeu majeur concerne la conservation des récoltes. Le hangar frigorifique de la Sadidal dispose actuellement d’une capacité de stockage de 7000 tonnes, qui devrait atteindre 15 000 tonnes dès 2027, avant une montée en puissance vers 30 000 tonnes à l’horizon 2030. Une infrastructure stratégique dans un contexte marqué par d’importantes pertes post-récolte, notamment dans les filières horticoles. En réduisant les contraintes liées au stockage et à l’écoulement des produits, ce type d’investissement contribue à mieux valoriser la production locale et à améliorer les revenus des exploitations familiales. Organisés en coopératives, les producteurs bénéficient d’un accompagnement technique, d’un accès aux intrants et d’un marché sécurisé.
Cheikh Oumar Ba a également salué la vision du directeur général de la Sadidal, Khadim Fall, dont le parcours illustre l’émergence d’un entrepreneuriat agricole national capable de porter des investissements structurants. Parti du commerce de la pomme de terre et de l’oignon, l’entrepreneur a progressivement construit un modèle intégré associant production, stockage, commercialisation et perspectives de transformation agroalimentaire.
Agréé au Code des investissements et soutenu par l’État à travers des mesures incitatives, le projet Sadidal est présenté comme un exemple de partenariat public-privé au service de la souveraineté alimentaire. Pour les autorités, « la valorisation des chaînes de valeur constitue désormais un passage obligé pour réduire les importations, créer des emplois et renforcer la compétitivité de l’agriculture sénégalaise ».
Oumar FÉDIOR

