À deux jours de la rentrée scolaire prévue le lundi 12 octobre, la situation reste préoccupante dans certains établissements scolaires de Saint-Louis, notamment aux quartiers Médina Course et Pikine où les eaux de pluie compliquent les préparatifs. Par contre, les écoles de la ville et du faubourg de Sor affichent un visage plus rassurant.
SAINT-LOUIS- À Saint-Louis, on peut sans se tromper dire que la rentrée est suspendue à la météo dans certains établissements scolaires. À l’approche de cet événement prévu le lundi 12 octobre, l’hivernage continue de peser sur les préparatifs. Dans les quartiers les plus exposés aux inondations, les équipes s’activent à rendre les établissements accessibles afin de permettre aux élèves de retrouver les salles de classe dans des conditions acceptables. Mais entre les eaux stagnantes dans les cours, les accès difficiles et les infrastructures affectées, le compte à rebours est particulièrement serré. Au Collège d’enseignement moyen (Cem) de Médina Course le constat est préoccupant. C’est aussi le cas à l’école élémentaire Boubacar Diop où une importante quantité d’eau occupe une partie de la cour. Dans cet établissement, l’accès aux salles de classe reste compliqué. Les traces de l’hivernage sont visibles, témoignant des difficultés auxquelles l’équipe pédagogique doit faire face à quelques jours de la reprise des enseignements. Sur place les sapeurs-pompiers sont mobilisés. Le dispositif de pompage déployé doit permettre d’évacuer les eaux et de libérer progressivement les espaces envahis. Une course contre la montre est engagée pour rendre l’établissement praticable avant l’arrivée des élèves. Le directeur de l’école Mbaye Niang ne cache pas ses inquiétudes. « On ne peut pas dire que tout est parfait pour le moment. Il y a de l’eau stagnante au niveau de la cour, mais également dans certaines salles de classe. L’accès aussi est un peu difficile », a-t-il expliqué, évoquant les conséquences des fortes précipitations enregistrées ces derniers jours. Face à cette situation, la direction de l’établissement indique travailler en coordination avec les autorités académiques et les services compétents pour accélérer le retour à la normale. Les sapeurs-pompiers et les services d’hygiène sont notamment sollicités pour contribuer à l’évacuation des eaux et à l’assainissement des lieux.
Malgré ces difficultés, le personnel enseignant est déjà présent. Les équipes administratives poursuivent également leurs activités, même si l’accueil des élèves demeure, pour elles, une préoccupation majeure. « Les enseignants ont fait leur entrée normalement. Ils sont pratiquement tous là. Mais pour recevoir les élèves, c’est un peu compliqué », a souligné Mbaye Niang.
Les abris provisoires bien impactés
Le responsable espère toutefois une amélioration rapide de la situation. L’objectif, dit-il, est de permettre aux enseignements de démarrer dès lundi, à condition que les opérations de pompage aboutissent et que de nouvelles précipitations ne viennent pas aggraver les difficultés.
Juste à côté se trouve le Cem de Médina Course. Ici, le spectacle est saisissant. Une large nappe d’eau trouble recouvre une partie de la cour. À la surface, des débris et des matériaux de chantier témoignent des difficultés auxquelles l’établissement est confronté. Les abords des bâtiments sont encore humides et certains accès restent difficiles à emprunter. Dans cette école, nous n’avons pas trouvé de personnel administratif et enseignant sur place, mais les sapeurs-pompiers sont à pied d’œuvre. Un système de pompage est déployé pour évacuer les eaux et tenter de rendre les lieux praticables avant l’arrivée des élèves. L’opération se poursuit alors que le calendrier scolaire impose une intervention rapide.
À ces problèmes d’inondation s’ajoute la dégradation des abris provisoires de l’établissement. L’état de ces structures constitue un autre sujet de préoccupation. Selon le directeur de l’école Boubacar Diop, les difficultés d’accès compliquent la mobilité des parents d’élèves. L’espoir est de voir la situation évoluer dans les prochains jours afin que les familles puissent accomplir les formalités nécessaires en cette veille de rentrée. À Pikine, le constat n’est guère plus rassurant. L’école élémentaire, dont le portail était fermé lors de notre passage, présente des murs marqués par l’humidité et des abords encombrés de déchets et de matériaux divers. À proximité, le lycée de Pikine offre aussi une image préoccupante. Une partie de la cour est occupée par des eaux stagnantes. Des ouvriers sont visibles dans l’enceinte laissant apparaître un environnement où des travaux semblent encore en cours. Ici, la situation exige également une vigilance particulière.
Dans ce secteur vulnérable de la banlieue saint-louisienne, les pluies et les inondations risquent de compromettre la rentrée même si le proviseur du lycée, Alioune Badara Diallo assure que des efforts ont été consentis pour évacuer les eaux et nettoyer les salles de classe. Une équipe chargée du cadre de vie est notamment intervenue pour renforcer les opérations de nettoyage. « Les eaux de pluie qui étaient en stagnation au niveau du lycée ont été évacuées. Il reste quelques flaques, mais les salles de classe sont déjà très propres », a-t-il affirmé. Pour le proviseur, l’enjeu est désormais de réunir les conditions pouvant permettre aux élèves de reprendre le chemin de l’école. Mais cette perspective reste étroitement liée à l’évolution de la météo. Dans cette zone régulièrement confrontée aux inondations, une nouvelle pluie importante pourrait compromettre les efforts engagés. « Quand il pleut à Pikine, le lycée n’est pas praticable », prévient Alioune Badara Diallo qui espère une accalmie pour assurer un démarrage normal des cours.
Le décor est toutefois différent dans plusieurs établissements de la ville et du faubourg de Sor. Dans ces zones, aucune difficulté majeure liée aux inondations n’a été signalée. Les établissements visités présentent des conditions plus favorables à la rentrée. Tout le contraire à Médina Course et à Pikine.
Jeanne SAGNA (Correspondante)

