En 2010, les inspecteurs de l’enseignement moyen secondaire, au cours d’un atelier de 3 jours (du 3 et 6 août 2010) – qui avait pour but de plancher sur les questions du curriculum, de l’évaluation des compétences, l’amélioration de l’enseignement des sciences, mais surtout celle relative à leur corps -, s’étaient fixés un objectif : faire baisser le taux de redoublement en-deçà de 5% contre un objectif de 7% du Pdef. À cet effet, ils se sont dotés d’un plan d’actions dont les activités phares consisteraient à prendre en charge, à travers les cellules pédagogiques, les élèves à faible niveau dans la soirée des jours non ouvrables (mercredi et samedi), cela, dès octobre 2010. Le plan d’actions était alors évalué à « au moins 10 milliards de FCfa, de 2010 à 2015 ». Ce qui, de l’avis du coordonnateur national des inspecteurs de spécialité d’alors, Masseck Birame Seck, par ailleurs Chef de la division des enseignements-apprentissages à la Direction de l’enseignement moyen secondaire général (Demsg), ne représente rien face au coût actuel du redoublement pour l’État. Car, en plus d’impacter négativement sur la qualité, le redoublement coûte cher à l’État.
En 2009, l’évaluation de la phase II du Pdef a montré que le taux de redoublement est très élevé : 16% dans le moyen pour un objectif de 10% et 19,28% dans le secondaire. Selon le rapport national sur la situation de l’Éducation, sur 472.661 élèves du moyen, il y a eu 75.625 redoublants, soit 15,99% de l’effectif. En réalité, au Sénégal, le taux de redoublement est resté structurellement élevé. Avec l’abandon, il reste un défi majeur pour l’efficacité du système éducatif. Il tourne autour de 12 à 15 voire 20%. Autrement dit, le redoublement demeure un levier sur lequel le système éducatif sénégalais peine à agir de manière significative, en dépit de la hausse des taux de scolarisation.
Le coût financier est énorme pour l’État et les familles. En 2010, expliquait Masseck Birame Seck, compte tenu du coût moyen d’un élève du cycle moyen qui était de 51.471 FCfa, le redoublement coûtait annuellement 3.893.494.375 FCfa à l’État. Au secondaire, le coût moyen de l’élève était de 185.585 FCfa. D’après ses estimations, à l’horizon 2015, « le redoublement coûtera à l’État, dans le moyen, 32.585.827.389 FCfa et 45.889.215.597 FCfa dans le secondaire, soit un total de 78.475.042.986 FCfa entre 2010 et 2015 dans le sous-secteur de l’enseignement moyen secondaire. Des calculs, a précisé M. Seck, qui ont été effectués sur la base des taux constants de redoublement par niveau, le coût constant de l’élève et de l’évolution des effectifs et qui ne tenaient pas compte du coût de l’apprenant au niveau des parents. Entre 2012 et 2015, par exemple, le redoublement et l’abandon (ils vont souvent de pair), ont représenté environ 13,72% des dépenses d’éducation. (Cf. Wikipedia).
Au-delà du coût financier, le redoublement augmente les risques d’abandon scolaire parce qu’il démotive, n’améliore guère les performances et peut fragiliser la confiance de l’élève. Conséquence : ses ambitions scolaires, sa perte de l’estime en soi sont réduites, fait remarquer la confemen. « Le redoublement est l’un des facteurs explicatifs du retard de la scolarisation, car un élève qui redouble monopolise une place qui aurait pu être attribuée à un nouvel élève. Ce qui s’avère extrêmement pénalisant pour l’atteinte de la scolarisation universelle. (Cf. Confemen : Le redoublement au Sénégal : Facteurs de qualité ou entrave à la scolarisation universelle). Pourtant, des pays étaient arrivés à réduire très sensiblement voire à presque éliminer le redoublement. C’est le cas de l’Égypte (5%), de l’Allemagne (2%), du Ghana (3%), de la France (5%). Avec une volonté politique affirmée, sûr que le Sénégal peut inverser la tendance.
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