Le 2 octobre dernier, le directeur général de l’enseignement supérieur (Dges) a publié une liste dans laquelle 34 établissements privés ont été déclarés non reconnus par la tutelle. Selon le Pr Benoit Tine, directeur de l’enseignement supérieur privé, ces structures ont été invitées à cesser toute activité liée au système Lmd.
Les 34 établissements privés d’enseignement supérieur (Epes) qui n’ont pas respecté la réglementaire en vigueur ont déjà reçu des « mises en demeure pour cesser toute activité liée au système Lmd » (Licence, Master, Doctorat). L’information est du Pr Benoit Tine, directeur de l’enseignement supérieur privé au ministère de l’Enseignement supérieur. Dans un entretien avec « Le Soleil », M. Tine informe que ces établissements ont également été invités à se rapprocher des services compétents. En attendant, a-t-il indiqué, les parents sont invités à ne pas leur confier leurs enfants. Il a indiqué que les étudiants se trouvant en fin de cycle dans ces établissments ne pourront malheureusement pas pouvoir faire valoir leur formation puisque n’étant pas reconnue par l’État.
Benoit Tine soutient que depuis un an, les services de la Dges s’attellent avec les différents acteurs, à asseoir un dialogue franc et sincère. Il est d’avis que les efforts en la matière doivent être permanents. Le directeur de l’enseignement supérieur privé affirme que « la veille et la qualité sont un travail de tous les jours ». Et pour cela, il compte sur ses services et sur ceux déconcentrés pour « une veille citoyenne en vue d’avoir un écosystème de l’enseignement supérieur privé assaini avec des structures reconnues, c’est à dire, disposant d’un agrément provisoire en cours de validité ou d’une habilitation institutionnelle à délivrer des diplômes ».
Revenant sur la dénonciation de ces 34 Epes, Pr Tine fait savoir que ceux si ne disposent d’aucune autorisation (agrément provisoire ou habilitation institutionnelle). «Ce qui constitue un manquement grave à la réglementation en vigueur, compromettant l’avenir de nombreux étudiants et nuisant à l’image de l’enseignement supérieur privé du Sénégal », a martelé l’enseignant chercheur en criminologie.
Au 31 septembre 2026, a révélé Benoit Tine, le Sénégal est à 333 Epes évoluant dans plusieurs domaines de la Science, des Lettres, des Langues et des arts. Il a relevé que beaucoup d’entre eux font la fierté du Sénégal en matière de qualité, d’insertion professionnelle et d’entrepreneuriat. Ces établissements, a-t-il indiqué, méritent la reconnaissance et la Direction de l’enseignement supérieur privé (Desp) est plus que jamais disposée à les accompagner.
Mis en cause par la DGES, l’Iseg conteste et apporte des précisions
L’Institut supérieur d’entrepreneurship et de gestion (Iseg) a sorti un communiqué suite à la publication par la Direction générale de l’enseignement supérieur d’une liste noire mettant en cause 34 établissements privés. « Notre établissement dispose des éléments juridiques nécessaires à la poursuite de ses activités d’enseignement », note l’établissement qui soutient « disposer d’une habilitation » de l’Anaq-Sup pour la formation ouverte à distance, domaine dans lequel il dit exercer depuis 2008. Il précise également bénéficier d’un « agrément définitif depuis 1996 ».
Pour chacun de ses campus implantés dans les banlieues et les régions, l’Iseg fait savoir que l’État, à travers la Dges, a délivré des « agréments provisoires ».Il rappelle également que plusieurs de ses licences et masters ont bénéficié, jusqu’à la période 2020-2021, d’agréments ou d’accréditations du Cames. « Nous contestons formellement les accusations portées contre I’Iseg », a martelé l’Iseg annonçant des procédures judiciaires pour se défendre.
Aliou KANDE

