À la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (Fastef) de l’Université Cheikh Anta Diop, les nouveaux admis font preuve d’engagement. Malgré les difficultés du métier, ces jeunes, portés par la passion et la conscience du devoir, se projettent dans un avenir fait de transmission, d’effort et de patriotisme.
Un vent frais balaie la cour de la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (Fastef). Un temple du savoir et de la formation au métier d’enseignant. Par endroits, des étudiants se réfugient sous l’ombrage apaisant des arbres. Sous le souffle du vent glacial, les feuilles mortes tombent et se déposent çà et là sur les pavés. Le décor, empreint de sérénité, contraste avec l’effervescence de nouveaux venus : la rentrée vient à peine de commencer. À la Fastef, se forme la future élite enseignante du Sénégal. L’institution, qui accueille, chaque année, des centaines d’admis, reste la grande école de référence pour la formation initiale et continue des enseignants. Assis sur un banc, écouteurs aux oreilles, Amadou Ndongo savoure encore sa réussite au concours d’entrée. Le regard vif, cet ancien étudiant en droit mesure le pas qu’il vient de franchir.
« J’ai l’amour de ce métier qui est noble. Comme tout patriote, c’est un devoir de servir la Nation en préparant ses citoyens », confie-t-il. Il cite Nelson Mandela. « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde », estime M. Ndongo. Admis en lettres et espagnol, il reconnaît pourtant avoir exploré d’autres voies. « J’ai tenté la gendarmerie, sans succès. Mais aujourd’hui, je suis concentré sur ma formation et déterminé à aller jusqu’au bout », a-t-il affirmé. Sa priorité pour le moment, c’est d’acquérir les compétences nécessaires pour transmettre le savoir. Un métier exigeant Non loin de là, Pierre Mbar Faye, fraîchement inscrit en master en sciences de l’Éducation, arbore un sourire de fierté.
« J’ai toujours rêvé d’enseigner. Depuis le collège, certains professeurs m’ont marqué à vie. J’ai voulu suivre leurs traces», explique le jeune homme. Pour lui, l’enseignement n’est pas simplement une quête d’emploi, mais une vocation mûrie. « C’est la deuxième fois que je tente le concours. Je l’ai enfin eu cette année », se réjouit M. Faye. Doctorant au Laboratoire de géomatique et environnement de l’Université Assane Seck de Ziguinchor, il songe déjà à combiner enseignement et recherche. Même enthousiasme chez Ablaye Faye, en master de sciences de l’éducation, spécialité Histoire et géographie. « L’enseignement m’a toujours attiré. C’est une mission d’utilité publique », affirme-t-il. Son camarade Guédj Diouf partage le même avis. « L’enseignement est une école de vie. C’est un métier qui donne autant qu’il exige », note notre interlocuteur. Pour Lamine Keïta, en formation à la chaire Histoire-Géographie, le choix s’est imposé presque naturellement. « Mon père et mes frères sont tous enseignants. J’ai toujours rêvé de suivre leurs pas. Avant d’intégrer la Fastef, j’ai enseigné dans le privé, ce qui a renforcé ma vocation », a fait savoir M. Keïta.
Chez ces jeunes, l’attachement au service public est indéniable. « L’enseignement n’est pas un choix par défaut. C’est un engagement. Partout où se trouve un enfant du Sénégal, je suis prêt à aller servir. Les enfants des villes ne sont pas plus méritants que ceux des villages », a indiqué Lamine Keïta.
Daouda DIOUF


