À l’occasion de ses 60 ans, le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI) organise une conférence internationale de deux jours (17 et 18 décembre) à la Maison de la presse Babacar Touré, centrée sur le thème « Journalisme, démocratie et mutations numériques : quel avenir pour l’information fiable en Afrique ? ». Des experts, journalistes et étudiants ont échangé sur les enjeux de l’information fiable à l’ère numérique.
Le mercredi 17 décembre marque l’ouverture officielle de cette conférence internationale sur le journalisme en Afrique. L’événement a réuni partenaires, journalistes, personnel administratif, étudiants et anciens du CESTI, l’école de journalisme sénégalaise reconnue pour son prestige et la qualité de sa formation depuis plus de six décennies.
Les débats ont été ouverts par Jean-Marc Pisani, représentant de l’ambassadeur de l’Union européenne au Sénégal, qui a interrogé les transformations induites par l’essor du numérique dans le domaine de l’information.
Dans la même perspective, Sambou Biagui, directeur de la Maison de la presse Babacar Touré, a adressé un message aux jeunes journalistes:« Nous sommes les gardiens de nos histoires. À l’ère de l’intelligence artificielle, de nouvelles opportunités s’ouvrent à nous mais il faut veiller à ce que le journalisme reste humain », a-t-il souligné.
Amadou Kanté, représentant du ministre de la Communication, a pour sa part insisté sur la manière dont les technologies numériques ont transformé la production, la diffusion et la consommation de l’information.« Une information fiable est au cœur de toute démocratie vivante », a-t-il conclu.
La leçon inaugurale de la conférence a été présentée par le professeur Ndiaga Loum. Les deux jours de panels ont été articulés autour de huit sessions, chacune répondant à une question précise en rapport avec le thème central de l’événement.
Un des panels majeurs a porté sur « la formation des journalistes face aux nouvelles pratiques : fact-checking, datajournalisme et l’éducation aux médias et à l’information (EMI) ». Il a réuni fact-checkers, journalistes d’investigation et spécialistes en EMI. Mamadou Ndiaye, président du réseau Théophraste et directeur du CESTI, a expliqué :« le journaliste a besoin de l’EMI pour mieux comprendre son métier. C’est l’un des piliers pour lutter contre la désinformation et comprendre les mécanismes de diffusion de fausses nouvelles ».
Toutefois, la lutte contre la désinformation reste coûteuse, comme l’a souligné Ndeye Fatou Diery Diagne. « Il y a des outils intelligents pour vérifier l’information mais cela coûte très cher. Moi, je prends mon argent pour le faire, je n’attends pas le Soleil », explique-t-elle. Elle a également insisté sur la nécessité de créer des spécialisations et des services de fact-checking au sein des médias. « Le fact-checking est une réponse journalistique à un problème pressant dans la société », a-t-elle conclu.
Les deux jours de conférences et de panels seront clôturés par une soirée de gala le vendredi, marquant la fin de cet événement célébrant l’excellence et l’avenir du journalisme africain.
Fatou NDIAYE


