L’Université Rose Dieng France-Sénégal (Urdfs) a lancé, vendredi dernier, sa première Licence en data et Intelligence artificielle (Ia). Ce programme pionnier, co-construit avec des leaders de l’industrie, ambitionne de positionner le Sénégal comme pôle d’excellence continental dans le domaine.
L’Université Rose Dieng France-Sénégal (Urdfs) a officiellement lancé sa licence en data et Intelligence artificielle (Ia). La filière a accueilli, le vendredi dernier, ses premiers étudiants lors d’un amphithéâtre de rentrée organisé par cet établissement d’enseignement supérieur co-construit à Dakar par le Sénégal et la France. Ce nouveau programme d’excellence, pensé en étroite collaboration avec le monde de l’entreprise, se donne pour mission « de transformer le potentiel numérique du Sénégal en réalité économique tangible, en formant des experts capables de répondre aux besoins immédiats du marché ».
Selon le directeur général de l’Université Rose Dieng France-Sénégal (Urdfs), Pr Mamadou Sarr, cette formation, n’est pas ordinaire. Elle est « une réponse audacieuse au fossé qui sépare les besoins criants des entreprises des compétences actuellement disponibles ». Les nouvelles filières, data et intelligence artificielle visent à accompagner l’ambition nationale déclinée dans le « New deal technologique ». S’adressant aux étudiants de la première cohorte, il a souligné leur rôle de pionniers. « Vous avez choisi de ne pas subir le changement, mais de le conduire avec nous. Vous êtes les architectes du Sénégal numérique de demain », a indiqué le Pr Sarr. Pour garantir une parfaite adéquation de ce programme avec le monde de l’entreprise, l’Urdfs a misé sur une pédagogie de rupture, comme l’a expliqué Cheikhou Ahmed Kane, enseignant- communicateur en IA. Ce dernier a expliqué que le programme repose sur une méthodologie d’ingénierie inverse, élaborée à partir d’un « Cv cible défini avec des partenaires industriels tels qu’Atos ou Orange ».
La philosophie du cursus, dit-il, s’appuie sur la co-construction et le travail collaboratif, couvrant tout le cycle de vie de la donnée, de la collecte à la modélisation jusqu’au déploiement de solutions concrètes. « L’objectif est de réduire le temps d’adaptation des diplômés pour que l’université devienne l’antichambre de l’entreprise », a précisé M. Kane. Il évoque aussi des sprints semestriels où les étudiants seront immergés dans des projets réels sous la supervision d’experts internationaux. Cette vision opérationnelle est largement partagée par Sékou Dramé, expert en télécommunications et ancien directeur général de la Sonatel. Pour lui, « la data et l’IA ne sont plus des gadgets technologiques, mais des capacités stratégiques qui transforment l’agriculture, la santé ou la finance ». Il a, toutefois, rappelé aux étudiants que l’excellence ne se négocie pas et que « l’à-peu-près ne pardonne pas » dans ce domaine.
« La valeur n’est pas seulement dans les notebooks, elle tient dans les systèmes que vous saurez livrer, monitorer et maintenir », a-t-il insisté, martelant que « le succès de ce programme se mesurera à l’aune d’une insertion professionnelle réelle et d’un impact mesurable sur la vie des populations ». « En alliant la rigueur académique de haut niveau à une obsession pour le résultat, l’Urdfs s’engage dans une promesse de souveraineté numérique, où chaque étudiant devient un collaborateur en devenir prêt à transformer la donnée en valeur ajoutée », a soutenu M. Dramé. Lors de cet amphithéâtre de rentrée, des leaders de l’écosystème tech- africain en l’occurrence Youma Fall, Co-Fondatrice et directrice exécutive de PayDunya, Cheikh Tidiane Sarr, directeur exécutif de Sonatel et Tidjane Dème, General Partner chez Partechun ont également partagé leurs expériences et échangé avec les étudiants.
Maguette Guèye DIEDHIOU

