À deux jours de la fin des inscriptions pour le recrutement spécial des 2000 enseignants, Mirador, la plateforme dédiée, a déjà enregistré 147.845 candidats, à la date du 30 janvier.
Des statistiques qui attestent de l’attractivité du métier d’enseignant, selon le Directeur des ressources humaines du ministère de l’Éducation nationale. Il y a une semaine, le ministère de l’Éducation nationale avait lancé un appel à candidatures pour le recrutement spécial de 2000 enseignants au titre de l’année scolaire 2024-2025. Cette opération d’urgence s’inscrit dans le cadre de la stratégie visant à combler le gap en personnel enseignant. Les jeunes sénégalais ne se sont pas faits prier pour répondre à cet appel.
Les données recueillies sur la plateforme Mirador, hier, révèlent que 147.845 inscrits sont déjà enregistrés. Les chiffres indiquent que Thiès caracole en tête parmi les 16 circonscriptions académiques que compte le pays. Elle comptabilise à elle seule 21.096 inscrits. Elle est suivie de l’académie de Dakar qui compte 18.255 candidats. Puis arrivent respectivement Pikine-Guédiawaye (14.449), Saint-Louis (13.515), Kaolack (11.438), Fatick (9.583 candidats), Diourbel (9.506 inscrits), Ziguinchor (8.336), Rufisque (7.625), Louga (6.838), Kolda (6.792), Matam (6.021), Tambacounda (4.538), Kaffrine (3.975), Sédhiou (3.511) et Kédougou (2.367).
Joint au téléphone, le Directeur des ressources humaines du ministère de l’Éducation nationale, Sahibou Badiane, a rappelé les critères qui vont prévaloir lors de la sélection finale des candidats. Cette dernière, a-t-il expliqué, « se fera au niveau central en rapport avec les besoins exprimés par les Inspections d’académie (Ia) et les Inspections de l’éducation et de la formation (Ief) ». M. Badiane estime que, cette opération constitue une bouffée d’oxygène, car elle va contribuer à décongestionner les effectifs dans les salles de classe et la tension horaire chez certains enseignants confrontés à une surcharge de travail.
« Dans certaines localités, on a des réductions horaires (par exemple 4 heures de math au lieu de 6 heures), des disciplines qui ne sont pas enseignées. Avec tout cela, on ne peut pas attendre l’arrivée des sortants des structures de formation des personnels enseignants », a noté le Drh du ministère de l’Éducation nationale. Toutefois, Sahibou Badiane a indiqué que le critère le plus important sera basé sur l’expérience, c’est-à-dire, « recruter des professionnels à savoir des gens qui sont déjà en classe ou qui disposent d’une certification dans le métier ».
« Il s’agit d’avoir quelqu’un qui, si on le recrute, pourra déjà commencer à enseigner même s’il bénéficie après d’un renforcement de capacité et d’un accompagnement pour qu’il puisse obtenir son diplôme à travers notamment les formations et les regroupements à distance », a-t-il ajouté. Selon M. Badiane, l’essentiel, c’est de retenir que les nouvelles autorités étatiques ont décidé de mettre en place un plan quinquennal de recrutement d’enseignants et que celui-ci est déjà élaboré. « Le Premier ministre a déjà donné des instructions fermes pour son exécution et si ce plan est bien exécuté, d’ici cinq ans, on aura plus de problème et on n’aura même plus besoin d’un recrutement spécial », s’est félicité le Directeur des ressources humaines du ministère de l’Éducation nationale.
Seydou Prosper SADIO