Le ministère de l’Éducation nationale a franchi une nouvelle étape dans le processus de refondation curriculaire en réunissant, autour d’une même table, le Comité scientifique chargé de conduire les travaux et le Comité consultatif des anciens ministres de l’Éducation nationale. Présidant cette première rencontre, hier, le ministre Moustapha Mamba Guirassy a plaidé pour une réforme enracinée dans l’expérience, afin de garantir la continuité de l’action publique et d’éviter les ruptures qui ont souvent freiné les politiques éducatives.
La refondation du système éducatif sénégalais ne se construira ni dans la rupture ni dans l’oubli. C’est le message fort délivré, hier, par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, lors de la rencontre entre le Comité scientifique de la refondation curriculaire et le Comité consultatif des anciens ministres de l’Éducation nationale. En réunissant pour la première fois ces deux instances, le département entend mettre à profit l’expérience des anciens responsables de l’éducation pour nourrir une réforme appelée à transformer durablement l’école sénégalaise.
Selon le ministre, cette initiative s’inscrit dans la continuité du Conseil consultatif de l’éducation mis en place dès décembre 2024 afin d’éclairer les grandes orientations stratégiques du secteur, de prévenir les crises scolaires et de favoriser un dialogue permanent autour des politiques éducatives.
Il a annoncé que cette concertation ne sera pas ponctuelle, mais appelée à se tenir au moins deux fois par an, chaque fois que les travaux de la refondation nécessiteront l’éclairage de celles et ceux qui ont piloté le système éducatif. Pour Moustapha Mamba Guirassy, la mémoire institutionnelle constitue « le capital immatériel le plus précieux » d’une administration. Elle rassemble les connaissances, les décisions, les réussites, mais aussi les difficultés accumulées au fil des décennies.
À ses yeux, elle ne représente pas seulement des archives, mais un véritable outil stratégique permettant d’assurer la continuité de l’État. Le ministre a rappelé que les responsables passent alors que les institutions demeurent. Sans cette mémoire, a-t-il averti, chaque nouvelle équipe risque de reprendre des expériences déjà menées, de reproduire les mêmes erreurs ou d’abandonner des projets pourtant porteurs. À l’inverse, la capitalisation des acquis facilite les transitions, éclaire les choix des nouveaux décideurs et renforce la stabilité des politiques publiques.
Dans cette perspective, les anciens ministres sont appelés à partager leur vécu des grandes réformes, des contraintes budgétaires, des négociations avec les partenaires sociaux ainsi que des difficultés rencontrées dans la conduite du changement. Le processus de refondation curriculaire, a rappelé Moustapha Mamba Guirassy, vise à doter le Sénégal d’un cadre éducatif en phase avec les ambitions nationales et les profondes mutations sociales, économiques, scientifiques, culturelles et technologiques.
Daouda DIOUF

