Le programme national des cantines scolaires se veut être un pilier de la santé publique et de la promotion des produits locaux. Sous la houlette d’Elhadji Seck, le ministère de l’Éducation nationale a engagé une refonte exigeante des repas servis aux élèves, bannissant les additifs industriels.
Dans les cuisines des écoles sénégalaises, une petite révolution silencieuse est à l’œuvre. Elle se joue dans les marmites où mijotent les repas de millions d’écoliers. Sous la responsabilité d’Elhadji Seck, chef de la Division des cantines scolaires, le ministère de l’Éducation nationale a érigé la sécurité alimentaire en absolue priorité. « Les repas sont élaborés dans le strict respect des normes d’hygiène et de sécurité alimentaire », a-t-il affirmé, en référence au guide de gestion qu’il a contribué à diffuser. Ainsi, les personnels, hommes et femmes, bénéficient de formations continues sur les bonnes pratiques culinaires et le maintien de conditions sanitaires irréprochables. Parallèlement, une option politique forte guide les achats : l’ancrage territorial. Le ministère encourage résolument l’intégration des produits locaux dans les menus, notamment dans les bassins agricoles comme la région de Kolda. « Cette approche vise à renforcer la qualité nutritionnelle des repas et à valoriser les filières agricoles locales », a expliqué M. Seck.
De ce fait, la cantine devient un levier de développement économique, créant un cercle vertueux entre l’école et les producteurs.Cependant, a-t-il poursuivi, le changement le plus « radical » concerne les pratiques culinaires elles-mêmes. En effet, dans un pays où les bouillons industriels sont omniprésents, les cantines scolaires font office de pionnières. Leur utilisation y est formellement interdite. « Nous sensibilisons régulièrement les cuisinières et les membres des Comités de gestion aux effets néfastes de ces produits», a précisé le chef de la Division des cantines scolaires. Des sessions de formation sont, en effet, déployées pour promouvoir des alternatives naturelles : oignon, ail, herbes aromatiques ou condiments locaux comme le « nététou ». Néanmoins, si la qualité nutritionnelle est une « exigence fondamentale », un défi persiste. Le panier alimentaire est conçu avec l’appui de nutritionnistes. En l’espèce, Elhadji Seck a reconnu qu’ « il n’existe pas encore, à ce jour, de dispositif systématique de contrôle nutritionnel des repas avant leur distribution aux enfants». Pour pallier cette lacune, la stratégie repose sur un maillage humain : la formation accrue des cuisinières et des gestionnaires pour garantir des repas sains et équilibrés.
Pathé NIANG

