Près de 2 milliards de FCFA investis depuis 2017, 85 projets financés, 15 établissements accompagnés et plus de 4 200 jeunes concernés par les engagements de formation : dans la région de Saint-Louis, le Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3FPT) veut rapprocher davantage les compétences des besoins de l’économie locale. Une ambition au cœur de la visite effectuée par le Directeur général du Fonds dans le pôle territoire nord, du 7 au 9 octobre 2026.
À Saint-Louis, la formation professionnelle se déploie désormais bien au-delà des salles de cours. Elle prend place dans les ateliers, les exploitations agricoles, les unités de transformation, les filières agro-industrielles, les métiers du tourisme, les services et les nouvelles technologies. Depuis 2017, le 3FPT a mobilisé 1,918 milliard de FCFA dans la région pour financer 85 projets au bénéfice de 15 établissements.
La dynamique repose d’abord sur un important effort d’investissement. Près de 1,684 milliard de FCFA, soit 88 % des financements, ont été consacrés aux projets d’investissement. Cinq établissements concentrent à eux seuls 86 % de cette enveloppe : le Lycée technique André Peytavin (LTAP), les Centres de formation professionnelle (CFP) de Dagana, Podor et Saint-Louis, ainsi que le Centre régional de formation professionnelle (CRFP) de Saint-Louis.
Les secteurs retenus traduisent les priorités économiques du territoire. L’agriculture, l’élevage et l’agroalimentaire arrivent en tête avec 696,5 millions de FCFA, suivis du BTP, de la mécanique et de l’industrie avec 642,3 millions de FCFA. Les énergies renouvelables bénéficient, pour leur part, de près de 155 millions de FCFA. Des investissements qui font écho au potentiel de la vallée du fleuve, notamment dans le riz, la canne à sucre, l’élevage, la production laitière, l’horticulture et la transformation agroalimentaire.
Au cours de sa mission, le Directeur général du 3FPT a rencontré le gouverneur de Saint-Louis ainsi que l’inspecteur d’académie de la région. Il s’est également entretenu avec le préfet de Dagana. Ces rencontres ont permis de mettre en perspective les besoins du territoire et les enjeux liés à l’adéquation entre formation, développement local et insertion professionnelle.
Sur le terrain, la délégation a visité le LTAP, le CFP de Saint-Louis et le CFP de Dagana, avec un passage au niveau de l’incubateur de ce dernier établissement. Une démarche destinée notamment à apprécier l’utilisation des infrastructures et des équipements financés et à mesurer leur contribution effective à la formation et à l’insertion.
Au LTAP, premier bénéficiaire régional du 3FPT, 490,9 millions de FCFA ont été investis dans 18 projets. Le projet de mécatronique, doté de 252,6 millions de FCFA, a notamment permis la construction d’un atelier de 825 m² et l’acquisition d’équipements pédagogiques, en plus du financement du référentiel du BTS Mécatronique. L’établissement a également bénéficié d’investissements dans la construction mécanique, le soudage, la structure métallique et la maintenance automobile.
Un projet de 63,7 millions de FCFA consacré à la construction mécanique prévoit notamment la formation de 1 020 personnes. Le LTAP accueille par ailleurs des formations courtes destinées à répondre aux besoins immédiats du marché, notamment dans le soudage, le solaire photovoltaïque et la menuiserie aluminium, avec quelque 280 jeunes concernés.
À Saint-Louis toujours, le CFP porte davantage l’offre vers les métiers de services. L’établissement a bénéficié de 293,3 millions de FCFA à travers huit projets consacrés notamment au tourisme, à la restauration, à la mode, à la beauté et à l’habillement. Le projet consacré au métier de serveur en salle a mobilisé 64,7 millions de FCFA, tandis que la confection prêt-à-porter a bénéficié de 95,9 millions de FCFA. La coiffure et l’esthétique ont, de leur côté, reçu 80,5 millions de FCFA pour la mise en place d’un salon-école et d’un espace destiné aux jeunes entrepreneurs.
À Dagana, l’accent est mis sur les chaînes de valeur agricoles et agro-industrielles. Le CFP a bénéficié de 407,9 millions de FCFA pour 17 projets. Son incubateur dédié à l’élevage, au lait et à ses dérivés concentre plus de 142 millions de FCFA d’investissements. Le centre développe également les métiers des énergies renouvelables, avec près de 128 millions de FCFA consacrés notamment à un atelier spécialisé, un biodigesteur de 18 m³ et différents équipements pédagogiques.
La canne à sucre, l’horticulture, le maraîchage et la transformation du riz complètent ce dispositif, conçu pour faire correspondre l’offre de formation aux opportunités économiques de la vallée.
Au-delà des infrastructures, les engagements de formation donnent la mesure de l’ambition. Les conventions analysées concernent au moins 4 225 jeunes. À Podor, 1 500 jeunes sont concernés par les formations agrosylvopastorales ; au LTAP, 1 020 personnes par la construction mécanique ; au CRFP, 333 par la menuiserie bois ; et à Dagana, 324 par des formations liées notamment à la canne à sucre et à la production laitière.
En 2025, 1 604 personnes ont été formées dans la région grâce aux différents dispositifs du 3FPT, pour un financement de 518,5 millions de FCFA. Les femmes représentent 63 % des bénéficiaires.
Reste désormais le défi de l’après-formation. Car l’impact de ces investissements se mesurera aussi à la capacité des jeunes formés à accéder à un emploi, créer leur propre activité ou intégrer les chaînes de valeur locales. Les établissements de formation sont ainsi appelés à renforcer leurs relations avec les entreprises, les collectivités territoriales et les acteurs économiques, notamment autour des stages, de l’alternance, de l’entrepreneuriat et du recrutement.
À travers cette visite du pôle territoire nord, le 3FPT entend ainsi passer d’une logique d’investissement dans les infrastructures à une logique davantage centrée sur les résultats et l’impact. À Saint-Louis, l’enjeu est désormais clair : former aux métiers dont le territoire a besoin, accompagner les jeunes vers l’activité et faire des établissements de formation de véritables plateformes au service du développement économique régional.
Papa Abdoulaye Sy


