Le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a fait, hier, mardi, un tour aux lacs des Maristes. Une visite qui a mis à nu de graves violations environnementales marquées notamment par le déversement d’eaux usées, les occupations irrégulières et la dégradation accélérée de ces zones humides.
Dépotoirs sauvages, urbanisation excessive, installations clandestines, aménagements non autorisés et rejets d’eaux usées à ciel ouvert. Aux lacs des Maristes, la situation est alarmante. Sur place, le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a pu constater l’ampleur des agressions subies par ces plans d’eau pourtant intégrés à la Grande réserve urbaine des Niayes, un espace écologique vital pour l’équilibre environnemental de la capitale.
La visite ministérielle, effectuée, hier, mardi 6 janvier, en présence des acteurs communautaires, des conservateurs et des membres du Comité de gestion, a révélé une situation critique. Parmi les atteintes les plus préoccupantes, figure le déversement continu d’eaux usées dans les lacs, une pratique qui accentue la pollution, menace la biodiversité et compromet les services écosystémiques rendus par ces zones humides. Oiseaux, espèces végétales et faune aquatique subissent directement les effets de ces rejets, dans un contexte déjà fragilisé par l’urbanisation anarchique.
Membre du Comité de gestion de la Grande réserve urbaine des Niayes, du Technopôle et dépendances, Abdou Karim Ndiaye a dénoncé des aménagements réalisés sans aucune autorisation. « Regardez ces ouvrages, ils modifient le ruissellement des eaux et, dans certains cas, servent à des usages purement personnels. Ce sont des problèmes que nous vivons depuis longtemps », a-t-il déclaré, pointant une responsabilité collective dans la dégradation progressive du site.
Pour lui, la question du déguerpissement des occupants illégaux doit être abordée avec discernement. « Il faut faire attention parce que certains aménagements empêchent aussi les populations de déverser leurs ordures directement dans le lac. La vraie question est de savoir ce qui protège le mieux l’environnement », a souligné M. Ndiaye tout en s’interrogeant sur les raisons ayant permis à ces pratiques de s’installer durablement. De son côté, le conservateur de la
Grande réserve naturelle urbaine des Niayes, le commandant Didier Kabo, a insisté sur les difficultés liées au contrôle du site. Il a regretté le manque de collaboration de certains acteurs malgré les multiples alertes adressées aux autorités concernées. « À un moment, il a fallu passer à la confrontation. J’ai même procédé à la saisie d’un camion, de dépôt de gravats. Après une réaction initiale, c’est retombé dans la léthargie », a-t-il déploré.
Selon lui, l’absence de dispositifs permanents de surveillance favorise les violations répétées. « L’installation de postes de garde au niveau du lac et des points sensibles permettrait de régler définitivement ces problèmes », a indiqué M. Kabo. Abdou Karim Ndiaye a annoncé la réalisation prochaine d’une étude approfondie afin de proposer au ministère de l’Environnement et de la Transition écologique des solutions concertées, associant les services techniques et les populations riveraines.
Daouda DIOUF

