Entre sécheresse, disparition d’habitats, érosion côtière, inondations…, l’Afrique de l’Ouest est l’une des régions les plus exposées au changement climatique dans le monde. Pour limiter les effets, la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest invite les médias à réaliser des travaux documentés sur la question pour une meilleure prise de conscience.
De notre envoyé spécial, Babacar Guèye DIOP
ABIDJAN – En Afrique de l’Ouest, les pays situés sur la côte sont exposés à l’érosion et aux inondations. C’est une alerte d’Anderson Diedri, consultant et spécialiste des questions environnementales. Il s’exprimait, hier, lors du deuxième jour de l’atelier de formation organisé par la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (Cenozo) au profit de journalistes de cette région. L’expert a indiqué que des quartiers ou des villes de la sous-région risquent d’être rayés de la carte dans les années à venir, si des mesures ne sont pas prises par les autorités. D’après lui, tous les pays ouest-africains sont vulnérables à ce phénomène avec des spécificités pour chacun en fonction de sa position géographique. En effet, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (Pnue) prévient aussi que les tensions causées par les effets du changement climatique peuvent également alimenter des mouvements migratoires et l’instabilité politique. « Nos capacités de résilience sont faibles face aux effets du changement climatique. C’est la raison pour laquelle, tous les pays cherchent des fonds pour mettre en œuvre les mesures prévues par nos Contributions déterminées sur le plan national », a déclaré M. Anderson.
Dans le même ordre d’idées, il ressort des données climatiques que l’Afrique de l’Ouest connaît un réchauffement climatique plus rapide que la moyenne mondiale. Par exemple, depuis le milieu des années 1970, les températures ont augmenté de 1 à 3°C, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), surtout au Sahel, et les précipitations sont de moins en moins prévisibles dans la région.
S’agissant des pays sahéliens, le dérèglement du climat va provoquer des sécheresses. « Cela aura des impacts énormes sur la sécurité alimentaire », a mentionné Anderson Diedri pour qui, les changements climatiques vont accélérer les phénomènes extrêmes. Il désigne l’action humaine comme responsable du réchauffement de la planète. Pour limiter les conséquences du changement climatique, la Cenozo estime que les médias ont un rôle à jouer. Pour l’organisation fondée en juillet 2015 au Burkina Faso, cela passe par des travaux documentés sur les conséquences liées aux changements climatiques.
Dans ce sillage, Arnaud Ouédraogo, coordonnateur de la Cenozo, cite, par exemple, des sujets comme l’érosion côtière, la sécheresse, l’insécurité alimentaire, la pollution de la santé, etc. « Les médias sont appelés à pointer les responsabilités des différents acteurs pour amener à une prise de conscience. Ils peuvent aussi lutter contre les « fakenews » sur le climat et promouvoir des initiatives qui protègent l’environnement comme le journalisme de solutions », préconise Anderson Diedri.
Dans cet exercice, plaide Maxime Domegni, responsable Afrique francophone du Réseau international de journalisme d’investigation (Gijn, en anglais), il faut éviter la désinformation et la mésinformation. Ainsi, il invite les journalistes à mettre l’accent sur les faits et non sur les mythes. De plus, M. Domegni appelle les journalistes à bannir le ton condescendant et la posture de donneur de leçons. Enfin, il conseille des titres de journal ni sensationnels ni alarmistes.


