Les changements climatiques, le recul des ressources naturelles et la fragilité des activités de pêche menacent les populations des zones côtières du Sénégal. Face à ces défis, le projet Action climatique féministe en Afrique de l’Ouest (ACF-AO) a permis la restauration de 147 hectares de mangrove et de renforcer les moyens d’existence de milliers de femmes et de jeunes.
ZIGUINCHOR – La mangrove reprend progressivement ses droits dans certaines zones de la Casamance et de Palmarin, dans la région de Fatick. Derrière ces 147 hectares restaurés, il y a un enjeu vital qui vise à protéger les côtes, préserver les ressources naturelles et à aider les communautés à mieux faire face aux effets des changements climatiques.
Lancé en mars 2023 à Palmarin et financé par Affaires mondiales Canada, à travers le Partenariat pour le climat, le projet ACF-AO a touché près de 30 000 bénéficiaires, principalement des femmes et des jeunes des régions de Ziguinchor, Kolda, Sédhiou et Fatick.
Il a également accompagné 48 groupements de femmes, favorisé la production de 50 tonnes de sel et formé plus de 100 femmes et jeunes à la production de sel biologique, etc. L’apiculture moderne et l’ostréiculture figurent aussi parmi les activités développées.
Présidant la cérémonie officielle de clôture dudit programme, mardi 13 octobre, au nom du gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine, le préfet de Bignona, Mamadou Khouma, a salué les résultats obtenus sur le terrain.
« Ce projet a été une véritable chance pour les communautés et les collectivités territoriales. Nous avons constaté sa présence effective auprès des populations. Même s’il prend fin, les communautés doivent continuer à profiter de ses retombées », a-t-il déclaré.
Des résultats au bénéfice des populations
Au-delà de la restauration des écosystèmes, l’initiative a aussi misé sur l’éducation environnementale. Au lycée de Kafountine, dans le département de Bignona, des élèves ont été sensibilisés à la protection de la nature. « Grâce à ce projet, de nombreux apprenants ont été initiés à l’éducation environnementale. C’est une excellente chose pour eux », a témoigné Ibou Sène, professeur dans cet établissement.
Prenant la parole au nom du Consortium des partenaires, Mamadou Abdoulaye Sow, responsable à Enda Pronat, a magnifié l’implication des femmes et des jeunes qui, selon lui, était essentielle face à la dégradation avancée des ressources naturelles.
« Nous avons mené des activités de reboisement pour restaurer les écosystèmes côtiers. Le projet a également favorisé la participation des femmes et des jeunes aux instances de décision, afin d’améliorer la gouvernance et de renforcer la justice climatique », a-t-il expliqué.
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Sur le terrain, les bénéficiaires mesurent aussi les changements dans leurs activités quotidiennes. « Nous avons appris à produire des oignons, des huîtres et de l’engrais biologique. Nous savons également collecter et traiter nos déchets, alors qu’auparavant, nous manquions de moyens techniques pour le faire », s’est réjouie Dieynaba Diatta, bénéficiaire et habitante de l’île de Carabane, dans le département d’Oussouye.
Porté par Inter Pares, SUCO et leurs partenaires sénégalais, dont Enda Pronat, JVE Sénégal, le CNCR et APISEN, le projet Action climatique féministe en Afrique de l’Ouest a contribué à renforcer l’autonomie des femmes, à promouvoir l’agroécologie et à améliorer les capacités d’adaptation des communautés côtières. Un acquis important pour des populations dont les activités et les revenus restent fortement exposés aux bouleversements climatiques.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


