Réunis à Dakar, le 4 décembre 2025, experts institutionnels, partenaires techniques et société civile ont lancé l’opérationnalisation du Système de suivi-évaluation et d’apprentissage (Ssea) de l’adaptation climatique. Financé par l’Agence française de développement, via le programme AdaptAction, ce dispositif vise à mesurer l’efficacité des politiques publiques et à répondre aux exigences de l’Accord de Paris.
Le Sénégal franchit une étape décisive dans la mise en œuvre de sa stratégie climatique. Sous l’égide du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, un atelier national s’est tenu, hier, pour co-construire le dispositif qui permettra de mesurer, suivre et évaluer les efforts d’adaptation aux dérèglements du climat. Face à la vulnérabilité accrue de près de 75 % du littoral menacé par l’érosion côtière, des inondations récurrentes et des pertes économiques pouvant atteindre 9,4 % du Pib d’ici 2050, le pays renforce son arsenal technique avec l’appui de l’Agence française de développement (Afd).
« Un pays qui ne mesure pas ses progrès ne peut pas piloter sa transition », a d’emblée rappelé Ababacar Dieng, conseiller technique au ministère de l’Environnement. Porté par la Direction du changement climatique, de la transition écologique et de la finance verte (Dcctefv), le Système de suivi-évaluation et d’apprentissage (Ssea) doit permettre au Sénégal de rendre compte, de manière transparente, de l’avancée de ses engagements, conformément à l’article 13 de l’Accord de Paris.
L’enjeu est de taille : passer des déclarations d’intention à une démonstration chiffrée, vérifiable et territorialisée des résultats. Le Ssea s’articule ainsi autour de quatre impératifs. Il s’agit, entre autres, de l’appropriation élargie par tous les acteurs, d’un ancrage territorial pour refléter la diversité des réalités locales, d’une dimension inclusive intégrant le genre et les vulnérabilités sociales, et enfin d’une architecture de données modernisée et digitalisée. « Derrière chaque indicateur, il y a des vies humaines. Par exemple des agriculteurs confrontés à la sécheresse, des femmes en première ligne, mais trop souvent invisibles dans les statistiques », a expliqué M. Dieng.
Ce travail s’inscrit, par ailleurs, dans un calendrier international exigeant. Le Sénégal, qui contribue activement au Programme de travail Uae-Belém sur l’Objectif mondial d’adaptation (Gga), ambitionne de figurer parmi les premiers États à présenter des rapports d’adaptation solides lors de la Cop 31. Cet atelier permettra d’engager un dialogue structuré entre ministères sectoriels, collectivités locales, chercheurs, société civile et partenaires.
Pathé NIANG


