À Dakar et Thiès, régions fortement touchées par l’urbanisation rapide, le projet « Ceinture verte » tente de donner un environnement durable aux populations. Porté par le Programme des nations unies pour l’environnement, il ambitionne de faire de la nature restaurée une infrastructure urbaine essentielle.
Face à l’accélération de l’urbanisation, le projet « Ceinture verte Dakar–Thiès » est une réponse. Hier, au cours de l’ouverture d’un atelier international de deux jours, ses responsables l’ont présenté comme l’un des projets structurants de la transition écologique urbaine au Sénégal.
Mis en œuvre depuis janvier 2023 sur financement du Programme des Nations Unies pour l’environnement (Pnue), à hauteur de 40 millions de FCfa, il consiste à mettre en place des infrastructures vertes couvrant les régions de Dakar et de Thiès.
Pour Fodé Fall, secrétaire général du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, cette initiative répond à une urgence écologique et sociale. « La ‘’Ceinture verte’’ vise à freiner l’étalement urbain, restaurer des écosystèmes dégradés et offrir aux populations des espaces de vie plus sains », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur la nécessité d’une gouvernance inclusive associant l’État, les collectivités territoriales et les communautés locales afin de garantir la pérennité du projet.
Dr Deborah Goffner, membre du comité scientifique, a rappelé que la restauration urbaine ne peut se limiter à des actions ponctuelles de verdissement. « Elle repose sur des choix fondés sur la science, intégrant biodiversité, adaptation climatique et usages sociaux. La ‘‘Ceinture verte Dakar–Thiès’’ est perçue comme un laboratoire à ciel ouvert, capable de produire des solutions adaptées aux villes africaines confrontées à une urbanisation accélérée », a-t-elle décliné.
Sur le volet aménagement, Abdou Karim Kébé, du ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire, a souligné l’importance d’inscrire durablement la « Ceinture verte » dans les documents de planification. Selon lui, ces espaces doivent être reconnus comme de véritables infrastructures urbaines, protégées des pressions foncières et intégrées aux politiques publiques d’aménagement.
La dimension sanitaire a également été au cœur des débats. Aminata Diop, conseillère technique chargée de la prévention au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a mis en évidence les liens étroits entre espaces verts, qualité de l’air et santé des populations. Elle a rappelé que le développement de zones végétalisées contribue à la prévention des maladies respiratoires et cardiovasculaires, faisant de la « Ceinture verte » un investissement stratégique pour la santé publique.
Le bilan du projet « Ceinture verte » jugé positif
Après deux ans de mise en œuvre, le projet « Ceinture verte Dakar–Thiès » affiche des résultats encourageants, selon le colonel Babacar Dione, directeur des Eaux et Forêts, Chasse et Conservation des sols.
Portée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (Pnue), dans le cadre du programme « Génération restauration–villes », l’initiative a permis de rassembler ministères, collectivités territoriales, chercheurs et société civile autour d’une même vision : le verdissement urbain.
Des ateliers ont été organisés à Dakar, Thiès, Guédiawaye et Rufisque, afin d’intégrer durablement les espaces verts dans la planification urbaine.
Pour le colonel Dione, la « Ceinture verte » pose ainsi les bases d’une nouvelle gouvernance du vert urbain, indispensable pour améliorer le cadre de vie et renforcer la résilience des villes face au changement climatique.
B. G. DIOP

