Longtemps symbole de péril sanitaire et écologique, la décharge de Mbeubeuss amorce une transformation profonde. Les travaux de réhabilitation, démarrés en mars 2025, sont à un niveau d’exécution qui tourne autour de 60% et dessinent les contours d’un site assaini, appelé à devenir un nouvel espace de vie.
Pendant des décennies, Mbeubeuss a incarné l’image d’une bombe écologique à ciel ouvert. Aujourd’hui, le site amorce une mue visible. Des pistes latéritiques bien tracées remplacent progressivement les amas d’ordures, tandis que des ouvrages structurent un espace désormais pensé, selon des normes environnementales et urbaines. Exploitée depuis 1969, la décharge entre dans une phase décisive de sa réhabilitation. En visite sur le site, hier, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a pu constater l’ampleur des transformations déjà réalisées.
« Là où vous voyez la latérite, nous sommes assis sur des déchets qui ont été traités et réhabilités. Cette zone ne présente plus de problèmes écologiques majeurs », a-t-il expliqué. Les travaux, pilotés par le Projet de promotion de la gestion intégrée et de l’économie des déchets solides (Promoged), affichent un taux d’exécution de 60 %, selon la Crbc, entreprise en charge de la réhabilitation. Démarré en mars 2025, le chantier progresse vers son objectif de réhabiliter 40 hectares du site. « L’image que vous avez sous les yeux est celle d’une zone désormais agréable, même si les aménagements ne sont pas encore totalement achevés », a souligné le ministre.
Au-delà de l’assainissement, le projet ambitionne de redonner à Mbeubeuss une vocation nouvelle. Des espaces verts, des jardins, des terrains de sport et des zones de promenade sont prévus, adossés au lac voisin, afin de transformer la décharge en un véritable cadre de vie. Une vision assumée par les autorités : « Ce que Mbeubeuss a été ne sera plus », a promis le ministre. Cette métamorphose s’inscrit dans une dynamique plus large de transition écologique et d’économie circulaire. Le site réhabilité sera complété par des infrastructures de tri et de valorisation des déchets, pour faire de ce qui était autrefois un fardeau environnemental une ressource économique. « Les déchets ne sont pas une fatalité. Ils peuvent devenir une richesse pour le Sénégal comme le pétrole », a soutenu Abdourahmane Diouf.
Babacar Guèye DIOP

