Nouveau code minier, transformation locale et stratégie nationale, lors de sa déclaration de politique générale (DPG), le Premier ministre, Mouhamadou Al Amine Lo, a annoncé des améliorations dans la gestion des ressources extractives.
Le secteur minier sénégalais entre dans une nouvelle séquence. Dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre, Mouhamadou Al Amine Lo a annoncé les jalons d’une politique extractive davantage articulée autour de la souveraineté économique. Plusieurs orientations annoncées concernent directement l’environnement dans lequel évoluent les acteurs de la filière.
Le premier marqueur de cette nouvelle approche est la poursuite de la revue des contrats conclus dans ces secteurs stratégiques. La Commission ad hoc créée en juillet 2024 poursuit son travail, selon le Premier ministre, Mouhamadou Al Amine Lo, qui annonce qu’une trentaine de conventions minières sont actuellement en cours de renégociation. Le gouvernement entend toutefois éviter une logique de rupture à tout va. Trois principes sont réaffirmés : la sécurité juridique pour les investisseurs, la fermeté lorsque l’intérêt national est en jeu et un équilibre dans le traitement des dossiers, résumé par la formule : « ni brutalité, ni naïveté ».
Cette démarche s’accompagne d’une exigence plus large sur les futurs partenariats public-privé. Désormais, ceux-ci devront être fondés sur « la vérité des coûts et des risques », avec une évaluation préalable de leurs engagements budgétaires à long terme, précise le Premier ministre. Une démarche qui traduit la volonté affichée par les autorités de renforcer l’évaluation économique des contrats et de mieux mesurer leur impact sur les finances publiques.
Le phosphate au cœur de la transformation locale
Sur le secteur minier, le gouvernement annonce l’adoption d’un nouveau code minier avant la fin de 2026, la poursuite de la renégociation des conventions, la finalisation de l’audit des titres miniers ainsi que la mise en place du fonds de réhabilitation des sites et carrières. Le cadastre minier et le fonds d’appui au développement local sont egalment concernés.
Par ailleurs, la transformation locale devient un axe central. Le Premier ministre annonce que « le fer, les phosphates et l’or seront davantage transformés localement ». Dans cette perspective, la participation de l’État doit être consolidée tandis que l’accès du secteur privé national aux titres et à l’exploitation sera élargi.
Sous un autre registre, le gouvernement se fixe des objectifs à l’horizon 2029. Il s’agit de porter les recettes minières annuelles de l’État à environ 600 milliards de FCFA, contre 370 milliards en 2019, et la valeur ajoutée du secteur à 3 606 milliards de FCFA, contre 1 969 milliards. Le taux de transformation locale est fixé à 50 %. A cet égard, le Premier ministre annonce que le gouvernement va suivre « contrat par contrat », avec une publication annuelle des taux de réalisations.
Une stratégie nationale conforme aux exigences actuelles
Le signal le plus directement lié à la filière phosphate réside toutefois dans l’annonce d’une stratégie nationale dédiée à « l’optimisation de l’exploitation des phosphates du pays ». Le dossier figure parmi ceux examinés dans le cadre des réunions interministérielles conduites à la Primature, rappelle Mouhamadou Al Aminou Lo. Son contenu n’est pas encore rendu public.
Parallèlement, le gouvernement identifie un pôle industriel Nord-Est et Diourbel-Louga consacré aux phosphates et aux engrais. Le projet industriel de phosphates et d’engrais de Matam, adossé à un centre de recherche et à une université, figure parmi les projets miniers majeurs annoncés. Le gouvernement réaffirme enfin son engagement dans l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).
O.BA


