Les prévisions saisonnières 2026 de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) annoncent une première partie d’hivernage globalement déficitaire. Présentées, mercredi 6 mai, à Dakar, elles mettent en avant un démarrage tardif de la saison des pluies et une amélioration relative en fin de période.
La saison des pluies 2026 s’annonce contrastée au Sénégal, selon les prévisions de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim). Lors d’un atelier de partage et de diffusion de la prévision saisonnière des précipitations 2026, organisé hier, mercredi 6 mai, à Dakar, Asse Mbengue, agrométéorologue à l’Anacim, a fait savoir que la première moitié de l’hivernage, notamment les périodes mai-juin-juillet et juin-juillet-août, présente une forte probabilité de déficit pluviométrique sur une large partie du territoire. Les zones centre, est et sud du pays seraient particulièrement concernées, avec des anomalies pouvant atteindre des niveaux significatifs.
Selon l’expert, cette situation est directement liée à la configuration des températures de surface des océans. « Les précipitations au Sahel dépendent fortement de l’état thermique de l’Atlantique et du golfe de Guinée », a-t-il expliqué. Les observations montrent des anomalies chaudes persistantes dans le golfe de Guinée et un Atlantique sud plus chaud que l’Atlantique nord, réduisant la remontée des flux de mousson vers le Sénégal. M. Mbengue a également insisté sur un « démarrage tardif de l’hivernage, accompagné d’un risque élevé de longues poches sèches en début de saison ». Une situation qui, selon lui, pourrait provoquer de « faux départs agricoles si les semis sont effectués trop tôt ». Toutefois, une amélioration progressive est envisagée à partir du mois d’août avec un possible renforcement des conditions océaniques favorisant une reprise relative des pluies.
Malgré cela, l’agrométéorologue estime que la saison resterait « globalement déficitaire, avec une forte variabilité spatiale et temporelle ». Sur le plan hydrologique, Pape Waly Diédhiou, de la Direction de la gestion et de la planification des ressources en eau (Dgpre), a souligné que les écoulements dans les bassins du fleuve Sénégal et de la Gambie devraient rester « globalement proches de la normale, malgré les déficits pluviométriques attendus en début de saison ».
Dans ce contexte, le directeur de la Météorologie de l’Anacim, Oumar Konté, a apporté des précisions sur l’interprétation des résultats. Selon lui, il s’agit d’une « descente d’échelle » des prévisions régionales vers le contexte national. Il a souligné que « la première partie de la saison, singulièrement en juin et juillet, sera globalement déficitaire ». M. Konté a également rappelé la nécessité d’adaptation. « Il ne faut pas subir la saison, mais l’anticiper », a-t-il préconisé, appelant les acteurs agricoles à ajuster leurs stratégies. À l’en croire, ces prévisions seront actualisées chaque mois et complétées par des bulletins hebdomadaires et quotidiens pour assurer un suivi continu.
Babacar Guèye DIOP


