Dakar accueille les Jeux Olympiques de la Jeunesse du 31 octobre au 13 novembre 2026. Une occasion saisie par la Ville de Dakar et le Fonds de Développement et de solidarité Municipale(FODEM) pour montrer que cet événement n’est pas que sportif. À travers la foire culinaire ouverte depuis lundi 2 novembre, à l’esplanade de la ville de Dakar, les organisateurs visent à montrer la diversité culturelle du continent africain.
Sous une grande structure de chapiteau de couleur blanc au toit métallique et bâché, éclairée par la lumière vive des projecteurs suspendus, la foire bat son plein dans une atmosphère à la fois studieuse et conviviale en ce début de soirée. Le sol, entièrement recouvert d’un épais tapis de moquette bleue, guide les pas des visiteurs à travers les différents stands où se côtoient tables d’exposition, bannières colorées et affiches thématiques. Aux abords de l’immense chapiteau, on y aperçoit des panneaux aux couleurs des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ Dakar 2026) et de la mascotte Ayo, sous des postures des différentes disciplines sportives.
Dans l’un des stands disposés en ligne continue, se tient Fodé Seydi, gérant de Tawfekh service, spécialisé dans la vente de différentes variétés de « wass » et de « café Touba ». Au milieu de ce brouhaha et du volume à fond de la musique, il tente de détailler sur le service qu’il propose à ses clients : «On propose du café Touba, et en même temps je vends différentes sortes de waas (les jus traditionnels) : du waas au citron, au gingembre, au pain de singe (buuy), ainsi que du waas naturel et du ataya (thé).»
La foire qui a commencé à peine un jour commence déjà à porter ses fruits d’après Fodé : «les gens viennent, certains pour prendre leur déjeuner et nos produits sont bien appréciés. C’est le plus important pour nous.Le début est satisfaisant».
Mais pour pouvoir digérer, encore faut-il avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Au milieu de ces expositions, un stand attire le regard du fait de l’activité qui s’y déroule. Des femmes s’activent avec dynamisme à préparer des repas et des goûters composés de nems etc. Pour s’offrir une place de choix, Maman Sané, PDG de MS Global, a dû collaborer avec une traiteur, Fa Zeyna service, pour s’inscrire à hauteur de 250.000f.
«Nous avons uni nos forces pour se payer cette place, elle (fazeyna) elle fait de la restauration et nos metiers sont avant tout complémentaires.En sus de cela , nous sommes aussi dans le marketing digital »,affirme Maman Sané.Les deux restauratrices proposent des offres complètes et diversifiées allant du petit-déjeuner au déjeuner sans oublier le dîner.Elles restent tout de même optimistes quant aux retombées de cette foire : »elle dure 15 jours et les gens commencent à venir surtout le soir.Nous avons foi en Dieu et espérons nous en sortir.»
De l’intégration africaine à la vision politique de la Ville de Dakar
Si la capitale sénégalaise vibre au rythme des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), la foire culinaire n’est pas en reste. Au-delà des compétitions sportives, c’est un véritable carrefour multiculturel qui s’est installé avec pour but de fédérer les délégations, les touristes et les visiteurs venus du monde entier. Dans les allées de cet événement international, il y a aussi les traditions culinaires qui s’y croisent et s’y racontent.
Sur le stand du Bénin, Yaya Dalmeida partage son expérience de cette grande aventure humaine et commerciale. C’est par le biais de l’Union, une association béninoise basée à Dakar, qu’il a eu l’opportunité de rejoindre l’événement.«Quand il y a ces genres d’ événements , si l’association arrive à trouver des prestataires, ils nous font signe pour y prendre part», explique-t-il.
Dans son stand, l’offre se veut riche et authentique pour faire découvrir les spécialités de son pays d’origine à un public cosmopolite : «sur le stand du Bénin, on vend un peu de tout. Il y a de l’Akassa. L’Akassa, c’est une pâte de maïs. Il y a de la Blô,un gâteau de riz avec du poisson,poulet. Il y a des fruits de yam, il y a l’aloko, brochettes, il y a un jus à base de maïs qui est typiquement béninois. Ça s’appelle Adoyo. Ensuite, il y a aussi une crème de maïs, qu’on prend avec du lait et des glaçons.»
Ouvert depuis lundi 02 novembre, le bilan de ces deux premiers jours reste pourtant en deçà des attentes initiales selon Yaya Dalmeida : « Après deux jours, le bilan des ventes reste assez mitigé. Les produits s’écoulent timidement, avec quelques pics d’affluence à l’heure du déjeuner, notamment grâce aux employés des entreprises environnantes qui viennent se restaurer. En dehors de ces moments, la fréquentation demeure faible. Certains stands, notamment ceux de jus, peinent même à attirer des clients, au regard des coûts élevés de location des emplacements. »
Il reste néanmoins optimiste pour le week-end à venir, qui pourrait attirer davantage de visiteurs. « On espère qu’avec les jours, notamment le week-end, beaucoup de personnes feront le déplacement pour découvrir la foire culinaire et les différents mets proposés. En tout cas, nous gardons espoir et continuons de communiquer autour de l’événement », confie-t-il.
Au cœur de la capitale, les JOJ ne se limitent pas aux terrains de sport et aux sites de compétitions. Abdou Khadre Samaké, chargé de mission auprès du maire de la ville de Dakar, Abass Fall, nous dévoile les coulisses d’un événement pensé pour faire vivre toute la ville et rassembler le continent :«Quand on évoque les Jeux olympiques de la jeunesse,on pense immédiatement au sport, mais nous avons voulu voir plus grand en y intégrant un véritable volet économique et culturel. Notre objectif principal était clair : ne laisser personne de côté. Si les jeunes se passionnent pour l’esport ou le football, il fallait aussi que nos artisans, nos femmes transformatrices et nos entrepreneurs trouvent leur place.»
Abdou Khadre annonce que trois foires sont organisées ainsi par la ville de Dakar dans différents endroits : «La foire culinaire à l’Hôtel de Ville, où chaque pays représente et fait découvrir la richesse de ses plats locaux. La grande foire du building communal, dédiée à la mise en valeur du savoir-faire de nos artisans et de nos jeunes talents. La foire institutionnelle de la Place de l’Obélisque, spécialement conçue pour dynamiser le tissu des entreprises.»
Pour lui l’objectif principal est de montrer que même si cet événement se déroule sur le sol sénégalais, c’est toute l’Afrique qui est concernée : «même si Dakar accueille l’événement, c’est toute l’Afrique qui rayonne ici. Aux côtés des Sénégalais, nous avons à cœur d’impliquer nos frères ivoiriens, mauritaniens, marocains, nigériens et burkinabés. Les JOJ et leurs foires sont le reflet de cette Afrique unie, active et entreprenante. »
Pendant encore deux semaines, Dakar ne sera pas seulement la capitale des Jeux, mais la grande table où toute l’Afrique est invitée à partager.
Fatou NGOM


