En choisissant de revenir sur certains pans du vécu de Mame Abdoul Aziz Sy, l’auteur et journaliste, Sidy Diop fait bien plus que raconter une trajectoire. Il choisit de s’adresser à l’ensemble des Sénégalais, à travers son livre « Dabakh, la pédagogie de la bonté ». Car «Mame Dabakh», comme il était affectueusement appelé, appartient à ces figures dont la parole et l’action dépassent les frontières d’une confrérie ou d’une religion, pour s’inscrire dans le patrimoine moral et spirituel de toute une nation.
Mame Abdoul Aziz Sy était l’incarnation aboutie de l’ouverture, de l’humilité, du dialogue et de l’entente confraternelle. Il n’avait pas de frontières. Sa démarche était constamment tournée vers l’autre, avec cette volonté de rapprocher, d’apaiser et de construire des passerelles. Fluidifier les relations entre les hommes, promouvoir l’entente et œuvrer inlassablement pour un Sénégal de paix constituaient chez lui bien plus qu’un discours. C’était un véritable crédo, inscrit dans sa parole comme dans sa pratique quotidienne.
Mame Abdou a ainsi su perpétuer le riche héritage de son illustre père, El Hadji Malick Sy, et prolonger, l’œuvre spirituelle de ses vénérés frères, Khalifa Ababacar Sy et Serigne Mansour Sy. Dans sa posture, dans son langage et dans son rapport aux autres se lisait cette grandeur d’âme. Une posture qui se révélait dans la simplicité, l’écoute et la recherche permanente de la concorde.
Même après son rappel à Dieu, sa voix continue de résonner. Dans les moments d’incertitude, de doute ou de tension, les Sénégalais se tournent encore vers ses enseignements. Ses interventions sont régulièrement rediffusées sur les chaînes de télévision, les radios et les réseaux sociaux. Ses paroles, prononcées dans un autre contexte, trouvent souvent une résonance dans les préoccupations du présent.
C’est peut-être là le signe distinctif des grands hommes. Ils disparaissent physiquement, mais demeurent présents par ce qu’ils ont transmis. Leur héritage devient une boussole. Leurs paroles traversent les générations parce qu’elles puisent dans des valeurs qui, elles, ne vieillissent pas.
L’Edition, pour fixer la mémoire
Le choix de la SSPP Le Soleil, d’investir le champ de l’édition apparaît comme une démarche pleinement cohérente avec sa trajectoire historique. Informer au quotidien est déjà une lourde responsabilité. Il s’agit de rendre les faits intelligibles, d’éclairer l’opinion et de contribuer, par le travail journalistique, à une meilleure compréhension de la société.
Le journaliste informe dans l’instant. Le livre s’inscrit dans la durée. Le premier éclaire le présent. Le second peut devenir un témoignage pour les générations futures. Entre l’information quotidienne et la volonté de laisser une trace dans la postérité, il n’y a finalement qu’un pas.
En publiant cet ouvrage consacré à Mame Abdoul Aziz Sy, Le Soleil ne fait donc pas que prolonger son activité éditoriale. Il participe à un travail de transmission. Il contribue à préserver la mémoire d’un homme dont le message de paix, de dialogue et de fraternité demeure d’une remarquable actualité.
Certaines attitudes ne sont pas faites pour être seulement racontées. Elles sont faites pour être conservées et transmises. L’œuvre de Mame Dabakh est de celles-là.
O.BA


