Le plan de redressement et de relance de la société nationale La Poste appelle à une rationalisation des dépenses et à un besoin de financement. C’est dans ce contexte que des départs négociés ont été préconisés. Mais selon les syndicats, ce plan social n’agrée pas les travailleurs qui en paient le plus lourd tribut, alors que leur responsabilité est loin d’être engagée.
Le climat social de La Poste s’est détérioré depuis quelques années. Les tensions actuelles trouvent leur origine dans le pilotage du processus de départs négociés. En 2023, la Direction générale et l’ensemble des organisations syndicales avaient signé un protocole encadrant ces départs. Aujourd’hui, malgré la signature d’un pacte de stabilité sociale entre le gouvernement et les partenaires sociaux, des tensions persistent toujours à La Poste. Ibrahima Sarr, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des postes et télécommunications (Sntpt), estime que les tensions actuelles trouvent leur origine dans le pilotage du processus de départs négociés. Avec l’avènement de l’alternance en mars 2024, fait-il savoir, la Direction générale, à la demande du ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, a exprimé son intention de renégocier ce protocole, compte tenu de la situation tendue des finances publiques. « Dans un élan patriotique, l’ensemble des partenaires sociaux a accepté de consentir un important sacrifice en réduisant de douze mois le bonus de l’indemnité, faisant ainsi passer la base d’indemnisation de soixante à quarante-huit mois. Ce sacrifice est d’autant plus lourd parce que les salaires sont très faibles à La Poste », a expliqué le syndicaliste. Et de poursuivre : « Toutes les parties avaient donné leur accord à cette proposition, laquelle avait même été rendue publique par le ministre lors de son passage à l’Assemblée nationale pour le vote de son budget, le 4 décembre 2025 ». Malheureusement, a-t-il déploré, « ce consensus a été unilatéralement remis en cause par la Direction générale ». Et en lieu et place des quarante-huit (48) mois, il leur a été imposé trente mois. « Outre l’inélégance de la démarche, cette décision expose les travailleurs à un risque de paupérisation, en les laissant avec un tout-solde de compte dérisoire », a noté M. Sarr. « C’est pour cette raison que notre organisation syndicale, le Sntpt, ainsi que les syndicats Slpg et Synap ont refusé d’endosser cette atteinte à la dignité du travailleur », a indiqué Ibrahima Sarr, qui dit avoir saisi les instances administratives garantes de l’ordre public social avant d’engager la voie judiciaire.
Depuis 2014, elle est classée parmi les entreprises publiques en difficulté nécessitant une restructuration profonde. Malgré cette situation cahoteuse, M. Sarr estime que le rôle fondamental que La Poste peut jouer sur le plan social et économique n’est plus à démontrer. Il a invité l’État à relever le défi de la relance effective des activités de La Poste et à diligenter une restructuration profonde. « Celle-ci doit être pilotée par un leader doté d’une vision claire et conscient des enjeux actuels, car la gestion de La Poste ne saurait être assurée ni par un ministère ni par un quelconque comité », a-t-il soutenu.


