Les Cadres patriotes républicains de Kiiraay défendent les principaux choix budgétaires du gouvernement dans le cadre du projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour l’année 2026. Dans un mémorandum consacré au texte, leur Commission Économie, Finance et Budget estime que la révision des équilibres budgétaires répond à une conjoncture économique et financière plus contraignante que prévu, tout en appelant à une programmation plus réaliste.
Pour étayer cette position, Kiiraay met notamment en avant les effets des tensions au Moyen-Orient sur les marchés énergétiques, le renchérissement des coûts de financement et les perspectives de déficit pluviométrique. Ces facteurs ont conduit à revoir la croissance économique attendue en 2026 à 2,7 %, contre 5 % initialement prévus dans la loi de finances initiale.
Le document souligne également le poids des subventions à l’énergie, dont l’enveloppe passe de 250 à 790,3 milliards de FCFA, soit une hausse de 540,3 milliards. Pour les auteurs du mémorandum, ce soutien vise à amortir les effets du choc énergétique sur les ménages et les entreprises, même s’il réduit les marges de manœuvre de l’État pour financer d’autres politiques publiques.
Dans ce contexte, les recettes totales prévisionnelles sont ramenées de 6 188,8 à 5 848,7 milliards de FCFA, tandis que les dépenses passent de 7 433,9 à 7 583,9 milliards. Le déficit budgétaire est ainsi réévalué à 1 735,2 milliards de FCFA, contre 1 245,1 milliards initialement, soit une progression de 5,4 % à 7,6 % du produit intérieur brut (PIB).
Kiiraay considère que cette rectification permet d’adapter les prévisions aux ressources mobilisables et aux nouvelles contraintes. Les auteurs relèvent toutefois des écarts importants entre les recettes attendues de certaines mesures du Plan de redressement économique et social (PRES) et les montants désormais inscrits dans le PLFR. Les recettes additionnelles associées au programme sont ainsi ramenées de 762,6 à 311,5 milliards de FCFA pour 2026.
Le mémorandum aborde également la baisse des crédits d’investissement public, qui diminuent de 555 milliards de FCFA, passant de 2 803,9 à 2 248,9 milliards. Pour les cadres de Kiiraay, cette évolution appelle un suivi précis des projets concernés, afin de distinguer les révisions de crédits des éventuels reports ou abandons.
Au-delà de ces ajustements, la Commission défend les orientations de redressement économique, de mobilisation des ressources nationales et de soutien au secteur productif. Elle plaide néanmoins pour davantage de transparence sur les engagements publics, une meilleure hiérarchisation des investissements et un suivi rigoureux des résultats. Le mémorandum recommande également de renforcer la traçabilité des financements et de veiller à l’apurement des arriérés de l’État envers les entreprises, notamment les PME.
La position de Kiiraay consiste ainsi à soutenir le cap économique du gouvernement, tout en appelant à consolider les hypothèses budgétaires et à documenter les arbitrages opérés. Pour ses auteurs, la crédibilité de la stratégie de redressement dépendra de la capacité à traduire les engagements annoncés en résultats vérifiables.


