La Commission Économie, Finance et Budget des Cadres patriotes républicains de Kiiraay estime que la révision du budget 2026 est économiquement justifiée, tout en appelant à une meilleure évaluation des hypothèses initiales de recettes et à davantage de transparence dans la gestion des finances publiques. Dans un mémorandum consacré au projet de loi de finances rectificative (PLFR), elle préconise notamment de préserver les investissements prioritaires, de rationaliser les dépenses publiques et de renforcer le suivi de l’exécution budgétaire.
Selon le document, les recettes attendues du Plan de redressement économique et social (PRES) ont été revues à la baisse, passant de 762,6 milliards de FCFA dans les lignes détaillées de la loi de finances initiale à 311,5 milliards dans le PLFR, soit une diminution de près de 59 %. Cette contre-performance soulève, aux yeux de la Commission, des interrogations sur le réalisme des prévisions et la capacité de mobilisation des ressources annoncées.
Les auteurs du mémorandum soulignent toutefois que cette situation ne saurait expliquer, à elle seule, la dégradation des équilibres budgétaires. Ils évoquent également les répercussions du contexte économique international, le renchérissement du coût de l’énergie et l’alourdissement des charges de la dette.
Dans cette conjoncture, la croissance économique projetée pour 2026 a été ramenée de 5 % à 2,7 %. Parallèlement, les recettes totales passent de 6 188,8 à 5 848,7 milliards de FCFA, tandis que les dépenses progressent de 7 433,9 à 7 583,9 milliards. Le déficit budgétaire s’établit ainsi à 1 735,2 milliards de FCFA, contre 1 245,1 milliards initialement prévus.
Préserver les investissements prioritaires
Face à ces contraintes, la Commission insiste sur la nécessité de concilier redressement des finances publiques et soutien à l’activité économique. Elle relève une baisse de 555 milliards de FCFA des crédits d’investissement public, ramenés de 2 803,9 à 2 248,9 milliards, soit un recul de 19,8 %.
Si elle juge défendable la révision des crédits affectés aux projets insuffisamment avancés, elle recommande de distinguer les reports de calendrier des réductions d’enveloppe et des abandons définitifs. À cet effet, elle préconise la publication d’une matrice de suivi précisant, pour chaque projet important, les montants engagés, les paiements effectués, le taux d’avancement physique et la date prévisionnelle d’achèvement.
La protection du pouvoir d’achat figure également parmi les préoccupations soulevées. Le mémorandum relève que les subventions au secteur de l’énergie passent de 250 à 790,3 milliards de FCFA. La Commission recommande de mieux documenter l’utilisation de cette enveloppe et d’examiner des mécanismes de soutien plus ciblés, sans remettre en cause la nécessité de protéger les ménages contre les chocs de prix.
Transparence et rationalisation
Sur le financement de 120 milliards de FCFA associé au CERP, les auteurs invitent à clarifier la nature de l’opération et la destination initiale des ressources réaffectées. Selon les explications gouvernementales rapportées dans le document, ce financement serait assorti d’une maturité de 31 ans, d’un différé de remboursement de six ans et d’un taux d’intérêt annoncé de 1,31 %.
La Commission recommande, par ailleurs, une réforme de la nomenclature des fonds spéciaux, autour de trois catégories : les fonds de défense, de sécurité stratégique et d’appui d’urgence. Elle plaide également pour une rationalisation du secteur parapublic fondée sur l’évaluation des missions, des coûts de fonctionnement et des résultats des organismes concernés.
Enfin, le mémorandum préconise une plus grande transparence sur la dette publique et le règlement méthodique des arriérés intérieurs, notamment envers les petites et moyennes entreprises. Selon ses auteurs, l’apurement des créances régulièrement certifiées pourrait contribuer à restaurer la trésorerie des entreprises, à soutenir l’emploi et à relancer l’activité.
Les cadres de Kiiraay disent enfin défendre la poursuite de la stratégie de redressement économique et social, tout en appelant à des prévisions budgétaires plus réalistes, à une meilleure documentation des arbitrages et à une évaluation rigoureuse des résultats.


