Réuni en congrès ordinaire à Diamniadio, le parti Pastef-Les Patriotes a adopté, samedi, une résolution générale qui consacre la souveraineté comme pilier central de sa doctrine politique et de son action publique pour les années à venir.
Ce premier congrès ordinaire a été marqué par la reconduction à l’unanimité de Ousmane Sonko à la présidence du parti, formation politique créée en 2014. Une décision présentée par les responsables comme un acte de consolidation du leadership du parti au moment où celui-ci structure son action dans l’exercice du pouvoir.
Devant plus de 1 200 délégués et plusieurs délégations étrangères, selon les organisateurs, les dirigeants de Pastef ont inscrit cette rencontre dans une dynamique de clarification idéologique et de projection stratégique. Dans son discours d’ouverture, le porte-parole du parti, Birame Souleye Diop, a qualifié l’événement de moment « historique », intervenant dans une phase jugée décisive après l’accession du parti aux responsabilités en 2024.
La résolution générale, lue par Sidy Alpha Ndiaye, pose le principe selon lequel la victoire électorale de 2024 ne relève pas d’une simple alternance politique, mais constitue le point de départ d’une « révolution démocratique, populaire et souveraine » destinée à transformer en profondeur les structures économiques, sociales et institutionnelles du Sénégal.
Le texte adopté met l’accent sur la volonté de rompre avec les logiques de dépendance économique, les systèmes de rente et les mécanismes d’exclusion, tout en affirmant une réaffirmation du respect des institutions et de l’État de droit. Il s’agit, selon les congressistes, de refonder l’État sur des bases orientées vers la défense des intérêts nationaux et la valorisation des ressources internes.
Dans cette même dynamique, le parti inscrit son projet dans un contexte international marqué par des crises multiples — économiques, climatiques et géopolitiques — qui renforceraient, selon lui, les aspirations souverainistes sur le continent africain.
Pastef réaffirme ainsi son attachement à un panafricanisme fondé sur la souveraineté des peuples, la coopération régionale et la construction d’une puissance africaine capable de défendre ses intérêts stratégiques.
Sur le plan interne, les congressistes estiment que le défi majeur reste la transformation durable de l’État sénégalais. Cela passe par la consolidation d’un État stratège, le renforcement de l’administration publique, la lutte contre la corruption et la valorisation des compétences nationales. Le congrès appelle également à préserver « l’esprit de rupture » ayant porté le parti au pouvoir, afin d’éviter tout éloignement des aspirations initiales.
La résolution accorde enfin une place importante à la souveraineté culturelle, avec un appel à la promotion des langues nationales, à la valorisation des savoirs africains et à la restauration de la confiance collective autour des valeurs de « Jom », « Ngor », « Kersa » et « Teranga ».
Dans une motion de reconnaissance adoptée en plénière, le congrès est revenu sur le parcours du parti et sur l’exercice du pouvoir depuis 2024. Le texte salue les réformes engagées dans la gouvernance publique, les initiatives de modernisation de l’État ainsi que les renégociations dans les secteurs minier, pétrolier et gazier, présentées comme des leviers de reconquête de la souveraineté économique.
La motion rend également hommage à Ousmane Sonko, présenté comme l’artisan central du projet politique des Patriotes, ainsi qu’aux cadres et responsables ayant participé à la mise en œuvre des politiques publiques depuis l’arrivée du parti au pouvoir. Elle souligne enfin que les acquis enregistrés depuis 2024 constituent un « patrimoine politique collectif » appelé à structurer la poursuite du projet de transformation nationale.


