Les participants à la conférence publique intitulée « Panafricanisme, unionisme africain et continentalisme : trois idéologies distinctes mais complémentaires », qui s’est tenue avant-hier, mardi 21 juillet 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), ont insisté sur la nécessité de créer une entité supranationale pour restaurer la souveraineté africaine sur nos ressources et notre destinée.
TrustAfrica, en partenariat avec le département d’Histoire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a organisé, le mardi 21 juillet 2026, une conférence publique sur « Panafricanisme, unionisme africain et continentalisme : trois idéologies distinctes mais complémentaires », modérée par le Pr Penda Mbow. Cette rencontre a été l’occasion pour les participants de réfléchir sur les courants de pensée et de politique devant permettre une plus grande intégration politique et économique du continent africain et de sa diaspora. Au fil des interventions, ils ont soulevé l’impératif d’œuvrer vers une convergence des luttes qui prend en charge les différentes spécificités des concepts de panafricanisme, d’unionisme africain et de continentalisme, qui tous trois concourent à rendre sa souveraineté aux peuples africains du continent et de la diaspora.
« Les concepts de panafricanisme, d’unionisme africain et de continentalisme peuvent se compléter. Ces trois idéologies reflètent un éveil de conscience pour pouvoir libérer l’Afrique de l’emprise de l’étranger, afin que les ressources africaines, qu’elles soient humaines ou naturelles, puissent servir l’Afrique », a déclaré Dr Diomaye Faye, enseignant-chercheur en stratégie de développement et panafricanisme basé aux États-Unis. D’après l’universitaire, ces courants de pensée ont un dénominateur commun qui est l’idée d’une plus grande mutualisation des forces en Afrique afin de permettre à notre continent de peser dans les grands enjeux mondiaux. « Le panafricanisme s’inscrit toujours dans une logique de restauration de la dignité des peuples africains noirs et marque la prise de conscience de la nécessité d’une solidarité panafricaine. Tandis que l’unionisme africain et le continentalisme africain sont des outils rassembleurs et un mode d’action pour restaurer la dignité humaine en Afrique. Le continentalisme peut également servir de pont pour tirer les pays d’Afrique du Nord vers l’Afrique subsaharienne », a-t-il indiqué. L’unionisme, mode d’action du panafricanisme ? Dr Diomaye Faye a renseigné que cette intégration constitue le meilleur moyen de « bâtir un cadre commun fédéral qui permettra à l’Afrique de débuter son siècle d’industrialisation, qui va absorber toute la jeunesse africaine qui est au chômage ».
Ces différents concepts, a-t-il ajouté, ont le même objectif : la création d’une entité souveraine contrôlée par les Africains du continent et ceux de la diaspora, fidèle aux principes du panafricanisme. Un passage qui, selon Dr Faye, pourrait passer par l’unionisme à l’échelle régionale avant d’aller vers un grand ensemble panafricain. « L’Alliance des États du Sahel (Aes) se veut comme un mouvement unioniste de la part d’États africains pour renforcer leurs capacités. L’unionisme te force à agir pour justement donner aux gens qui sont conscients les moyens de reprendre le contrôle de leur destinée et de marcher vers l’objectif final du panafricanisme, qui est une Afrique où la dignité humaine est restaurée », a affirmé M. Faye. Pour Mamadou Mignane Diouf, militant panafricaniste et coordonnateur du Forum social sénégalais, la Constitution d’un État fédéral africain est une nécessité pour juguler les crises économiques et sécuritaires qui secouent notre continent. « Nous avons l’avantage d’être un peuple africain qui avons partagé une histoire commune, de grands ensembles politiques et un socle commun qui nous unit. Il nous faut donc travailler à l’unité africaine », a-t-il déclaré.
Selon M. Diouf, des dirigeants africains comme Sékou Touré avaient compris cela à l’époque en demandant aux États africains de se mettre ensemble à défaut d’avoir un État fédéral. « Si nous avions un État d’Afrique de l’Ouest, les problèmes que nous connaissons aujourd’hui au Sahel, nous ne les aurions pas », a-t-il assuré.
Mamadou Makhfouse NGOM

