Depuis 30 ans, le Conseil sénégalais des femmes (Cosef) joue un rôle primordial dans la percée de cette couche au sein du Parlement sénégalais et dans l’espace politique et citoyen. Le ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, qui a présidé, hier, mardi, à Dakar, la cérémonie de célébration du trentenaire de cette organisation, a rappelé que le nombre de femmes à l’Assemblée nationale est passé de 22,7 % en 2012 à 42,7 % en 2024.
Le Conseil sénégalais des femmes (Cosef) a célébré, hier, mardi 2 décembre, ses 30 ans d’existence sur le thème : « Le leadership féminin au Sénégal : pluralité de défis et perspectives d’actions ». Cette organisation œuvre depuis sa création, en 1995, pour la promotion de la participation des femmes à la vie politique et citoyenne.
La cérémonie a été présidée par le ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités. Maïmouna Dièye a magnifié le travail du Cosef pour la promotion du leadership politique féminin. « Grâce à votre engagement, la parité est devenue une réalité juridique au Sénégal et un référentiel dont la résonnance dépasse nos frontières. Toujours à la faveur de l’application de la loi sur la parité, les femmes sont passées, depuis 2012, de 22,7 % à 42,7 % à l’Assemblée nationale. Derrière ce score, on relève également un pourcentage intéressant de 13 % des moins de 35 ans dans la présente législature qui illustre une percée remarquable des jeunes. Et je sais que le Cosef a beaucoup contribué à cela », a déclaré Mme Dièye.
Selon elle, les 30 années d’existence du Cosef n’ont pas été « des années de passivité, de résignation, d’inaction ». Au contraire, dit le ministre, elles sont « le symbole d’une triple victoire pour l’engagement féminin au Sénégal ». « C’est donc la capacité du Cosef à traverser les époques, à s’adapter aux mutations sociales et politiques tout en maintenant son cap et son objectif », a ajouté Maïmouna Dièye qui a été membre de cette structure.
Présidente du Cosef, Seynabou Mbaye Guèye a souligné que malgré des avancées significatives, « il subsiste des obstacles structurels et menaces nouvelles qui requièrent de la vigilance ». Il s’agit, liste-t-elle, des violences basées sur le genre (VBG) avec une dimension numérique qui se matérialise par un cyberharcèlement, la diffusion non consentie d’images intimes, les discours de haine en ligne, etc.
« Les droits des femmes sont des droits humains universels, indivisibles. Leur émancipation est compatible avec les valeurs sénégalaises les plus profondes de solidarité, de dignité et de justice », a ajouté la présidente du Cosef. Seynabou Mbaye Guèye a précisé que le leadership prôné par le Cosef depuis sa création ne se limite pas à une simple présence des femmes dans les espaces de pouvoir : il s’agit d’un leadership transformationnel.
Présente à la rencontre, Aminata Mbengue Ndiaye, membre fondatrice du Cosef, par ailleurs secrétaire générale du Parti socialiste (Ps), a lancé un message aux jeunes femmes : « Prenez le relais avec audace. Préservez vos acquis, défendez vos droits, souvenez-vous que rien n’est impossible pour une femme déterminée ».
Hadja Diaw GAYE

