Le Parquet du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar a annoncé l’ouverture d’une enquête sur des faits présumés de torture, de traitements inhumains, cruels ou dégradants, ainsi que d’autres infractions susceptibles de recevoir la qualification de crimes contre l’humanité entre 2021 et 2024.
Selon un communiqué du procureur de la République, les premières investigations ont permis de dénombrer provisoirement 76 personnes décédées et plus de 200 victimes présumées.
L’enquête fait suite à deux correspondances, les numéros 559/MJ du 28 juillet 2025 et 0260/PGDK du 30 juillet 2025, par lesquelles le parquet a été saisi pour instruire des faits survenus entre 2021 et 2024. Le 4 août 2025, le chef d’escadron commandant la Section de recherches de la Gendarmerie nationale de Dakar a été saisi à cet effet.
Menées entre octobre 2025 et septembre 2026, les premières investigations, fondées sur les documents disponibles, ont permis de recenser provisoirement 76 personnes décédées, dont 41 dans la région de Dakar, ainsi que plus de 200 autres victimes présumées d’actes de torture ou de traitements inhumains, cruels ou dégradants.
Cinq personnes interpellées
Les auditions des victimes et des témoins, ainsi que l’exploitation des actes médicaux, ont révélé des indices d’assassinats, de meurtres, de persécutions et d’actes de torture ou d’autres traitements inhumains, cruels ou dégradants, susceptibles de constituer des crimes contre l’humanité.
Les investigations ont abouti à l’arrestation de cinq personnes. Quatre sont soupçonnées d’avoir participé à des actes de torture exercés sur Pape Abdoulaye Touré. La cinquième est mise en cause dans le décès de Mamadou Ndoye, que le communiqué présente comme ayant été volontairement heurté à mort par un véhicule de la Police à Bargny.
Le 23 septembre 2026, les cinq personnes ont été inculpées pour crimes contre l’humanité, notamment pour des faits de torture et de meurtre, par les juges d’instruction co-saisis. À l’issue de cette procédure, deux d’entre elles ont été placées sous mandat de dépôt, tandis que les autres ont été soumises à des mesures de contrôle judiciaire ou à une assignation à résidence avec surveillance électronique, selon les modalités précisées par le communiqué.
Le parquet fait appel de l’ordonnance
Le 28 septembre 2026, le procureur de la République, qui avait requis le placement sous mandat de dépôt de l’ensemble des inculpés, a interjeté appel de l’ordonnance rendue par les juges d’instruction.
Le communiqué indique également que les magistrats instructeurs ont été invités à établir les délégations judiciaires, à formuler les demandes de concours nécessaires, à délivrer les commissions rogatoires et à accomplir les autres actes d’instruction utiles à la manifestation de la vérité.
Le parquet précise enfin que d’autres procédures judiciaires pourront être ouvertes devant les juridictions compétentes, en fonction des niveaux de responsabilité que l’enquête et l’instruction permettront d’établir.
Les investigations se poursuivent donc afin de déterminer les responsabilités individuelles dans les faits examinés.


