Kédougou accueille, les 8 et 9 janvier, les dernières journées des concertations territoriales sur l’Acte IV de la décentralisation, au terme de dix-huit mois de dialogue mené à travers le Sénégal. Autorités administratives, élus locaux et acteurs de la société civile y concluent un cycle de réflexions visant à refonder la gouvernance locale et à renforcer le rôle des collectivités territoriales dans le développement national.
Le ministre de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales, Balla Moussa Fofana, a souligné l’importance d’une décentralisation efficace, fondée sur un transfert réel de compétences, une autonomie financière accrue et une meilleure gestion des ressources locales. « Kédougou n’est pas un territoire périphérique, mais stratégique », a-t-il affirmé, appelant à une transformation des ressources locales en bien-être tangible pour les populations.
Les acteurs locaux ont plaidé pour un renforcement du statut des élus et de l’intercommunalité. Baka Diébakhatéi, représentant du Conseil départemental de Kédougou, a insisté sur le maintien de l’autonomie régionale afin de garantir un développement territorial équilibré. Saluant les échanges inédits autour du statut des élus et de la viabilité des communes, Oumar Guèye, président de l’Association des maires du Sénégal, a souligné qu’une réforme durable de la décentralisation doit être portée par des élus bénéficiant d’un statut clair et institutionnellement sécurisé.
Pour sa part, Mamadou Djitté, secrétaire général du Réseau des élus locaux, a rappelé les fortes disparités entre collectivités et insisté sur la nécessité d’une autonomie financière durable, reposant notamment sur le renforcement de la fiscalité locale et le recours aux partenariats public-privé. De même, Ahmed Youssouf Benjelloun, président de l’Association des départements du Sénégal, et Mamadou Oury Baïlo Diallo, président de l’Union des associations d’élus locaux du Sénégal, ont mis en avant l’impératif d’une coopération étroite entre l’État et les territoires pour bâtir des collectivités viables, équitables et inclusives, intégrant les femmes, les jeunes et les enjeux climatiques.
Pour le ministre Fofana, « la décentralisation se construit au cœur des territoires. L’Acte IV doit corriger les déséquilibres historiques, sécuriser le statut des élus et garantir des financements innovants afin d’améliorer concrètement la vie des populations ». Après Kédougou, ce chantier majeur s’inscrit dans la perspective d’un Sénégal plus cohérent, solidaire et prospère.
Amadou Diop, correspondant à Kédougou

