L’organisation Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) appelle les organisations de la société civile à faire preuve d’« une rigueur constante, d’impartialité et de cohérence » dans leurs prises de position sur les questions de gouvernance publique. Dans un communiqué publié lundi, elle estime que cette exigence est indispensable pour préserver la crédibilité du débat démocratique et renforcer la confiance des citoyens dans les institutions.
Selon l’ADHA, « la vigilance citoyenne sur l’utilisation des ressources publiques constitue une mission légitime et essentielle des organisations de la société civile ». L’organisation rappelle également que « le droit des citoyens d’être informés de la manière dont les deniers publics sont répartis et utilisés par les institutions de la République est un principe fondamental de toute démocratie » et qu’il « ne saurait souffrir d’aucune restriction, quelle que soit l’institution ou la personnalité concernée ».
L’ONG souligne toutefois que cette exigence de transparence « ne peut être pleinement crédible et utile au débat démocratique que si elle repose sur des principes constants, appliqués avec la même rigueur à l’ensemble des institutions publiques ». Elle invite ainsi les organisations de la société civile à respecter trois principes : l’égalité de traitement, la rigueur dans les prises de position et la préservation de leur indépendance vis-à-vis des acteurs politiques.
À ce titre, l’ADHA estime que « la critique de l’action publique doit demeurer fondée sur des faits vérifiables, formulée avec mesure et dans le respect des principes d’objectivité ». Elle avertit également que « le recours à l’ironie, à la dérision ou aux appels personnalisés à la mobilisation contre un responsable identifié entretient une confusion entre veille citoyenne et engagement partisan », susceptible d’affaiblir « la crédibilité de l’organisation qui s’y livre ».
Par ailleurs, l’organisation salue les propositions visant à soumettre les fonds spéciaux des institutions publiques au contrôle de la Cour des comptes. Une telle réforme constituerait, selon elle, « une avancée majeure pour le renforcement de la transparence, de la redevabilité et de la confiance des citoyens dans les institutions publiques ».
Dans ce contexte, l’ADHA appelle l’ensemble des organisations de défense des droits humains et de la société civile sénégalaise à « faire preuve d’une rigueur constante, d’impartialité et de cohérence dans leurs prises de position ». « C’est à cette condition que la société civile continuera d’exercer pleinement son rôle de vigie démocratique, de défense de l’État de droit et de promotion de la bonne gouvernance », conclut le communiqué signé par son président, Adama Mbengue.
A.N


