Deux ans après sa disparition le 4 novembre 2024 en France, à l’âge de 59 ans , Mamadou Moustapha Ba reste associé à une longue carrière consacrée aux finances publiques Haut fonctionnaire devenu ministre sous le régime de Macky Sall, cet homme de dossiers a marqué l’administration financière par son expertise et sa discrétion.
Né le 6 août 1965 à Nioro du Rip, dans la région de Kaolack, Mamadou Moustapha Ba a très tôt emprunté la voie de l’excellence scolaire. Après un baccalauréat obtenu au Prytanée militaire de Saint-Louis, il poursuit ses études à l’École nationale d’économie appliquée (ENEA) de Dakar, dont il sort diplômé en 1991.
Désireux d’approfondir ses connaissances, il poursuit son cursus en Belgique, où il décroche un diplôme en politique de développement ainsi qu’un master en gestion et administration publique à l’Université d’Anvers.
Son parcours professionnel prend véritablement forme au début des années 1990. En 1992, il intègre le ministère de l’Économie et des Finances, où il construit progressivement sa réputation de technicien maîtrisant les rouages de l’administration financière. Il rejoint ensuite la Direction de la coopération économique et financière au début des années 2000.
En 2007, il en devient directeur adjoint, avant d’en prendre la tête en mai 2012. Il occupe cette fonction jusqu’en octobre 2014. Il poursuit ensuite son ascension au sein de l’administration financière et devient directeur général du Budget, un poste stratégique qu’il occupe pendant plusieurs années.
Le 17 septembre 2022 marque un tournant dans sa carrière. Le président Macky Sall le nomme ministre des Finances et du Budget, dans le gouvernement dirigé par Amadou Ba. Il hérite ainsi d’un portefeuille stratégique, au cœur de la conduite des politiques économiques et budgétaires du pays. Il restera à ce poste jusqu’en avril 2024, devenant le dernier ministre des Finances et du Budget du régime de Macky Sall.
Mais son parcours s’interrompt brutalement quelques mois après son départ du gouvernement.
Le 04 novembre 2024, Mamadou Moustapha Ba décède à Paris, à l’âge de 59 ans. Si l’annonce officielle de sa disparition intervient le 4 novembre, les circonstances de sa mort vont rapidement susciter de nombreuses interrogations. En France, les investigations privilégient la thèse du suicide, des éléments issus de la vidéosurveillance du métro parisien ayant été évoqués par la presse. Au Sénégal, le procureur de la République ordonne, le 10 novembre, l’ouverture d’une enquête après que les résultats de l’autopsie ont fait état d’éléments attestant d’une mort non naturelle. La levée du corps et l’inhumation, initialement prévues à cette période, sont alors reportées.
L’ancien ministre sera finalement inhumé le 13 novembre 2024 au cimetière Nouroulaye de Nioro du Rip, sa ville natale. Une foule composée de membres de sa famille, de responsables politiques, d’anciens collaborateurs et de personnalités administratives et religieuses lui rend un dernier hommage. Plusieurs témoignages saluent alors son professionnalisme, sa disponibilité, son sens du dialogue et son engagement au service de l’État.
Deux ans après sa disparition, Mamadou Moustapha Ba demeure une figure marquante de l’administration financière sénégalaise. Derrière le ministre, il y avait surtout un haut fonctionnaire qui aura consacré plus de trois décennies de sa vie professionnelle aux finances publiques. Un parcours dont le souvenir reste attaché aux grandes responsabilités qu’il a exercées au service de son pays.
A.N


