Après sa nomination à la tête du gouvernement ce lundi 25 mai 2026, Ahmadou Al Aminou Lo a livré un premier message aux allures de feuille de route. Dans une déclaration empreinte de solennité, le nouveau Premier ministre a insisté sur trois axes majeurs : la fidélité au projet porté par le président Bassirou Diomaye Faye, le redressement économique du pays et la restauration de la cohérence de l’action gouvernementale.
Dans son message, le nouveau chef du gouvernement a insisté sur sa volonté de poursuivre les chantiers déjà engagés depuis l’alternance de 2024, notamment autour de l’Agenda Sénégal 2050.
« Je démarrerai ma mission sur une bonne base, à savoir les réalisations du gouvernement sous les orientations du président de la République, notamment dans la déclinaison et la mise en œuvre de la vision Sénégal 2050, la reddition des comptes et divers autres domaines maintes fois rappelés en Conseil des ministres et lors des interventions solennelles de monsieur le président de la République », a déclaré Ahmadou Al Aminou Lo.
Le successeur d’Ousmane Sonko a d’ailleurs salué « le travail fructueux » accompli jusque-là dans l’élaboration du programme de transformation économique et sociale du pays. Ahmadou Al Aminou Lo a surtout, dans sa déclaration, posé les bases d’une nouvelle méthode de gouvernance voulue par le président Diomaye Faye. « Il ne s’agit point d’un changement de cap (…). C’est plutôt un changement de méthode dans la cohérence institutionnelle et l’action gouvernementale voulue par le chef de l’État », a-t-il affirmé.
Nommé en remplacement d’Ousmane Sonko, récemment limogé par le chef de l’État, Ahmadou Al Aminou Lo a d’emblée tenu à afficher sa loyauté envers le président de la République. « Je considère cette nouvelle charge comme un sacerdoce », a-t-il déclaré, avant de remercier Bassirou Diomaye Faye pour « sa confiance constante » depuis l’accession du régime Pastef au pouvoir en avril 2024.
Un discours centré sur l’urgence économique
Le premier message du nouveau Premier ministre s’est également orienté vers la situation économique du Sénégal. Ahmadou Al Aminou Lo a évoqué « le contexte d’urgence » dans lequel se trouve le pays, citant la situation des finances publiques, les tensions sociales, la hausse des prix liée aux crises internationales ainsi qu’un environnement sécuritaire sous-régional « délétère ».
Ce discours confirme l’orientation technocratique que semble vouloir imprimer le nouveau locataire de la Primature. Ancien cadre de la BCEAO, il apparaît comme l’homme du redressement économique dans une période où l’État cherche à restaurer ses équilibres macroéconomiques. Le nouveau Premier ministre a d’ailleurs réaffirmé que toutes les politiques publiques resteront articulées autour de l’Agenda Sénégal 2050, avec comme priorités « la résolution des difficultés des Sénégalais », la réduction des inégalités et la souveraineté économique.
Dans son adresse, il a aussi envoyé un signal fort au secteur privé, aux investisseurs étrangers et aux partenaires techniques et financiers. « Le Sénégal est un pays sûr et fiable et entend le rester », a assuré Ahmadou Al Aminou Lo.
La nomination d’Ahmadou Al Aminou Lo intervient dans une séquence politique sensible, quelques jours après le limogeage d’Ousmane Sonko par le président Bassirou Diomaye Faye. Le choix d’un profil discret, réputé rigoureux et peu exposé politiquement, traduit la volonté du chef de l’État de reprendre le contrôle de l’appareil gouvernemental tout en rassurant sur la continuité du projet Pastef. Dans son discours, le nouveau Premier ministre a d’ailleurs insisté sur « la loyauté » envers l’autorité présidentielle, un mot revenu à plusieurs reprises dans sa déclaration.
Un technocrate issu de la BCEAO
Ahmadou Al Aminou Lo a effectué l’essentiel de sa carrière à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), où il a servi de 1985 à 2026. Après l’alternance de 2024, il avait été nommé ministre secrétaire général du gouvernement, avant d’être promu ministre d’État chargé du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda Sénégal 2050.
Reconnu pour sa maîtrise des questions économiques et financières, il hérite désormais d’une Primature confrontée à de lourds défis : tensions budgétaires, attentes sociales élevées et nécessité de maintenir la stabilité politique après la rupture entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko.
Cheikh Tidiane NDIAYE


