Le malaise des agents contractuels de l’administration publique et parapublique refait surface avec acuité. Dans un communiqué parvenu à la rédaction du Soleil digital, leur Collectif interministériel dresse un tableau préoccupant de leur situation et appelle à des mesures urgentes.
Selon le document, les contractuels se sont réunis le samedi 11 avril 2026 pour une journée d’échanges ayant permis d’établir un « diagnostic sans complaisance » de leurs conditions de travail. Au cœur de leurs revendications, un chiffre revient : 29 000 agents contractuels ont été recensés dans la fonction publique. Pour le Collectif, ce volume illustre l’ampleur du phénomène et justifie l’urgence d’une réponse structurelle de l’État.
Dans le détail, les contractuels dénoncent une série de manquements. Une large majorité d’entre eux ne bénéficie d’aucune couverture sanitaire, contrairement aux fonctionnaires qui disposent d’une prise en charge à hauteur de 80 % via la solde. Autre point d’alerte : les cotisations sociales prélevées ne sont pas systématiquement reversées à l’Institution de prévoyance retraites du Sénégal, exposant certains agents à une retraite sans pension.
Le Collectif évoque également des investissements personnels importants dans la formation, parfois à hauteur de plusieurs millions de francs CFA, sans qu’un reclassement ne soit garanti. À cela s’ajoute l’absence d’indemnités (logement, risque, etc.), creusant davantage les inégalités avec les fonctionnaires.
Face à cette situation, les contractuels avancent des solutions en deux temps. À court terme, ils exigent le reversement effectif des cotisations sociales et leur intégration à la Couverture Maladie Universelle. À moyen et long terme, ils plaident pour un reversement progressif dans la fonction publique afin de sécuriser durablement leurs emplois.
Un mémorandum sera transmis aux centrales syndicales pour porter ces revendications. Le Collectif, tout en laissant le temps à l’État de réagir, prévient que des actions pourraient être engagées en l’absence de réponses concrètes. Dans l’ombre de l’administration, ces milliers d’agents continuent d’assurer le service public, mais réclament désormais une reconnaissance à la hauteur de leur contribution.

