Alors que Dakar accueille une rencontre initiée par l’Organisation des Premières Dames d’Afrique pour le Développement (OPDAD), l’occasion est donnée de revenir sur le rôle des Premières dames qui ont accompagné les présidents successifs du Sénégal. À travers leurs initiatives sociales, sanitaires et éducatives, chacune a contribué, à sa manière, à porter des actions de solidarité et à soutenir les populations les plus vulnérables.
Au Sénégal, la Première dame a souvent occupé une place particulière dans la vie publique, à travers des engagements sociaux, humanitaires et caritatifs qui ont évolué au gré des présidences. Elles ont la plupart du temps créé des fondations ou porté des programmes destinés à répondre aux besoins des populations les plus vulnérables.
Colette Senghor, l’incarnation de la discrétion totale

Épouse de Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal, Colette Senghor semble avoir incarné une démarche relativement discrète. Son engagement public n’a pas donné lieu à la mise sur pied d’une fondation. Les sources disponibles ne permettent pas d’établir un inventaire de ses initiatives caritatives publiques, en tant que Première dame du Sénégal. Même si ses actions sociales sont peu documentées, il est plausible qu’elle ait exercé son rôle de Première dame à travers des initiatives menées dans la discrétion. Cette réserve s’inscrit dans un contexte où la communication autour des actions sociales n’étaient quasiment pas relayées.
Élisabeth Diouf, des moulins pour combattre la pénibilité des taches ménagères

Avec Élisabeth Diouf, épouse du président Abdou Diouf, l’engagement solidaire de la Première dame est formalisé. Son action est notamment associée à la « Fondation Solidarité-Partage », à travers laquelle ont été portées diverses initiatives. Cette approche contribue à inscrire la solidarité dans un cadre organisé.
Parmi les actions les plus marquantes figurent la distribution de moulins à céréales aux groupements féminins. Au-delà de leur dimension matérielle, ces équipements répondaient à une réalité quotidienne. Il s’agissait d’aider les femmes à faire face à la pénibilité de la transformation des céréales, particulièrement dans les zones rurales. Les machines contribuaient à alléger les tâches domestiques et à soutenir les activités économiques des femmes. L’appui aux structures sanitaires figure également parmi les interventions associées à Solidarité-Partage, notamment à travers le soutien à des dispensaires, et à des équipements destinés à améliorer l’accès aux soins.
Viviane Wade, la santé à la portée des localités enclavées

Sous la présidence d’Abdoulaye Wade, de 2000 à 2012, Viviane Wade contribue à donner une visibilité accrue à l’engagement social de la Première dame. À travers sa structure « Agir pour l’Éducation et la Santé au Sénégal », elle fait de l’accès aux soins et de l’éducation des axes majeurs de son action. L’une de ses réalisations les plus emblématiques demeure l’hôpital de Ninéfécha, dans la région de Kédougou.
Le projet répondait au besoin de réduire les difficultés d’accès aux services de santé, dans les territoires enclavés. Il a également contribué à attirer l’attention, sur les inégalités territoriales, en matière d’infrastructures sanitaires.
Marième Faye Sall, l’humanitaire au cœur de l’action

Avec Marième Faye Sall, épouse de Macky Sall, l’engagement social de la Première dame bénéficie d’une visibilité accrue. À travers la « Fondation Servir le Sénégal », elle porte des initiatives à vocation sociale et humanitaire. La distribution alimentaire a notamment constitué un volet important de ses interventions. Des distributions de denrées de première nécessité ont été initiées au profit de ménages confrontés à des difficultés économiques ou à des situations d’urgence.
Sur le plan sanitaire, la «Fondation Servir le Sénégal» a également été associée à des initiatives d’appui à la prise en charge du cancer. La distribution d’équipements médicaux, en traitements spécialisés et l’accompagnement des familles sont notées. Cette diversité d’interventions a permis de répondre à des situations variées, de l’urgence humanitaire et à l’accompagnement de personnes malades.
Marie Khone Faye, l’éducation des jeunes filles comme une des priorités

Depuis 2024, les actions sociales des Premières dames s’inscrivent le cadre de la « Fondation Nationale Sénégal Solidaire », créée en octobre 2025.
Pour la Première dame Marie Khone Faye, l’une des initiatives les plus visibles est le programme national de distribution de 750 moulins à céréales, au profit des groupements féminins. Lancée à Fatick, en juillet 2026, cette initiative a vocation à s’étendre aux quatorze régions du Sénégal. Une première remise de 53 moulins a bénéficié à des groupements issus des départements de Fatick, de Gossas et de Foundiougne.
Au-delà de la dotation en équipements, ce programme vise à renforcer les capacités productives des femmes rurales, à alléger les contraintes liées à la transformation des céréales et à soutenir leurs activités génératrices de revenus. Il s’inscrit ainsi dans une dynamique de promotion de l’autonomisation économique des femmes et de valorisation de leur contribution au développement local. L’éducation des jeunes filles et leur réussite scolaire figurent également parmi les axes d’intervention mis en avant par la Première dame Marie Khone Faye. À travers cette orientation, l’enjeu est de promouvoir l’égalité des chances, de favoriser l’accès des filles à une éducation de qualité et de prévenir les vulnérabilités sociales liées aux inégalités d’accès au savoir.
Absa Faye, un combat pour rendre plus accessibles les soins néonatals

La Première dame Absa Faye inscrit son engagement, entre autres, dans le domaine sanitaire, notamment dans l’amélioration de la prise en charge des patients. En septembre 2026, son action a permis la remise de huit couveuses pédiatriques et d’autres équipements médicaux aux structures sanitaires de Matam et d’Ourossogui. Cette dotation répond à un besoin important en matière de soins néonatals, particulièrement, pour les nouveau-nés prématurés ou présentant des complications à la naissance.
Leur prise en charge exige en effet des équipements adaptés et des infrastructures appropriées. À travers cette initiative, l’objectif est de contribuer au renforcement du plateau technique des structures bénéficiaires et à l’amélioration des conditions de prise en charge des nouveau-nés. La lutte contre le cancer figure également parmi les objectifs de la Fondation Nationale Sénégal Solidaire. Le projet de Centre national de dépistage des cancers à Dalal Jamm en est une illustration.
O.BA


