Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) a entamé, ce mardi 8 septembre, son mouvement de grève de 48 heures avec respect des urgences. À l’Hôpital général Idrissa Pouye de Grand-Yoff (Dakar), la grève a été largement suivie. Par contre, le centre de santé Nabil Choucair de la Patte d’Oie n’a pas été impacté.
L’Hôpital général Idrissa Pouye de Grand-Yoff, une des structures sanitaires de référence de la région de Dakar, a présenté un autre visage, hier, mardi 8 septembre, avec la grève du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames). Devant l’établissement, un parking de véhicules fait face aux portes d’entrée. Deux entrées distinctes permettent d’accéder à l’hôpital sous le contrôle de vigiles. Devant le secrétariat médical, deux femmes sont installées derrière les vitres du bâtiment des consultations externes. Elles s’occupent de l’accueil et de l’orientation des patients. Elles nous ont fait savoir que les médecins ne sont pas venus ce matin (hier). L’une d’elles déclare : « Les médecins sont en grève. Seules les urgences sont assurées ». Les rares personnes qui circulent dans cette partie de l’hôpital ont plié bagage.
Assis encore sous un arbre, un sachet à la main, Ibrahima Diallo espère toujours être reçu par un praticien. Vêtu d’une djellaba toute blanche assortie d’un bonnet jaune, il est venu de la Guinée-Bissau pour se faire soigner au Sénégal. Après plusieurs jours passés à l’hôpital général de Grand-Yoff, pour une prise en charge médicale, il devait avoir l’aval du médecin pour rentrer chez lui. Mais, la grève a bouleversé son programme. Il avoue avoir été renvoyé à vendredi prochain, faute de médecin.
Devant la salle des consultations externes, une autre patiente semble désemparée. De forte corpulence, elle porte un vêtement en wax aux couleurs vives. Venue de Diass, dans la région de Thiès, elle préfère garder l’anonymat. Elle raconte avoir pris un taxi sans savoir que les médecins sont en grève. Ce n’est qu’une fois sur place qu’elle découvre que les consultations sont à l’arrêt. Après un long trajet, elle se retrouve bloquée sans pouvoir se faire soigner. Si la majorité des services sont paralysés par la grève, ceux réservés à l’accueil et aux urgences fonctionnent. L’écriteau « Service d’accueil et d’urgence », inscrit en grosses lettres rouges, est bien visible.
Des patients de tous âges et aux profils variés attendent devant les salles. Visiblement éprouvés, patients et accompagnateurs sont à la cherche de médecins. Dans ce service, les activités médicales sont au ralenti avec un service minimum. Les usagers se contentent de cela.
Après Grand-Yoff, cap sur le centre de santé Nabil Choucair à la Patte D’Oie. À l’intérieur de la structure, on constate une nette affluence. Devant les salles de consultation et la pédiatrie, les usagers sont nombreux : certains sont assis, d’autres debout. Les ventilateurs tournent sans relâche et apportent un léger réconfort malgré la forte canicule. De temps à autre, des discussions s’élèvent autour de l’ordre d’arrivée et de passage. Chacun tient scrupuleusement son ticket. Les agents de santé sont bien visibles dans les couloirs. Ils entrent et sortent des bureaux. L’activité se poursuit au sein de la structure sanitaire.Abou Diallo, un patient, cherche un chemin. Il est venu faire un contrôle de glycémie. Il a été pris en charge. À quelques pas, un homme attend son tour, affirmant ne pas être au courant de la grève des médecins. Dans la salle portant la mention « Médecin 2 », un patient vient de sortir. Un praticien de teint clair, des lunettes transparentes ajustées sur le nez, est penché sur son registre, occupé à consigner les dossiers. Interrogé sur la grève, il précise qu’il n’est pas membre du Sames. Un patient sous l’anonymat abonde dans le même sens, puisque n’étant pas au courant de la grève.
Ameth NIASS (Stagiaire)

