Soixante-douze ans après sa création, le poste de santé de Médina Sabakh aspire aujourd’hui à une profonde modernisation. Selon plusieurs acteurs de santé, cet établissement de premier niveau ne peut plus répondre aux aspirations médicales d’une population frontalière en constante croissance ; d’où le plaidoyer pour son érection en centre de santé.
Le poste de santé de Médina Sabakh est l’un des plus anciens de la région de Kaolack. Il a été créé avant l’indépendance, précisément en 1954. Malgré la hausse de la population et la demande de soins de plus en plus importante dans la localité, la structure sanitaire de premier niveau est presque restée en l’état.
« Médina Sabakh est un poste de santé, ce n’est même pas un centre de santé secondaire. Pourtant, c’est la deuxième plus grande commune de la région, après celle de Kaolack. C’est pour dire que les conditions, les critères objectifs sont réunis, afin que le poste soit érigé en centre de santé secondaire », a plaidé le Pr Serigne Omar Sarr, enseignant-chercheur à la Faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) et fils du terroir.
Il a ainsi appelé les autorités sanitaires à examiner sérieusement cette demande.
Selon des données de l’association « Saloum Santé », publiées en 2025 à l’occasion d’une caravane médicale, l’arrondissement de Médina Sabakh compte 13 postes de santé pour une population estimée à 125 446 habitants.
D’après la même source, il compte également 7 cases de santé améliorées, dont la majorité est tenue par des infirmiers ou des assistants-infirmiers diplômés d’État, ainsi que 2 structures privées : un cabinet paramédical et un cabinet médical.
« La spécificité de cet arrondissement, c’est qu’il est une zone frontalière avec la Gambie. Sur les 13 points de prestations sanitaires, 7 partagent les mêmes frontières avec la Gambie. Cette proximité favorise un important flux migratoire des habitants de cette zone à la recherche de soins en territoire gambien ; ce qui influence négativement l’utilisation des services dans les structures sénégalaises », lit-on dans un rapport produit par « Saloum Santé ».
Ambulance en panne
En outre, indique le document, le recours aux services de santé du centre de santé de Nioro du Rip est rendu plus difficile par le coût du transport et l’état des routes intérieures.
Face à ces constats, l’association a insisté sur « le nécessaire relèvement du niveau des prestations de soins et formule une demande pressante à l’État ».
Pour le Pr Serigne Omar Sarr, la création d’un centre de santé à Médina Sabakh permettrait également de renforcer le plateau technique sanitaire du département de Nioro du Rip.
Ndianko Cissé, secrétaire exécutif du poste de santé de Médina Sabakh, explique que la structure couvre 22 villages, soit une population de 30 000 habitants.
« Le poste de santé est dans un état de vétusté avancée parce qu’il date de 1954. D’ailleurs, c’est notre équipe qui a engagé des travaux de réfection, mais il reste encore la maternité parce que nos moyens sont très limités », a-t-il fait savoir.
Toutefois, mentionne M. Cissé, « le problème le plus urgent aujourd’hui, et c’est un cri du cœur qu’ [il] lance, c’est la dotation d’une ambulance médicalisée ».
« Depuis plusieurs mois, nous n’avons pas d’ambulance pour évacuer nos malades à Nioro, Kaolack ou même Kaffrine. Quand nous sommes arrivés à la tête du Comité de développement sanitaire (Cds), nous avons trouvé une ambulance qui était dans un très mauvais état, avec des pannes répétitives. Une bonne partie de nos recettes était utilisée pour son dépannage. Ne pouvant plus supporter cette charge, nous avons fini par l’abandonner dans un garage mécanique à Nioro », a-t-il expliqué.
Aujourd’hui, pour évacuer leurs malades, les agents du poste de santé sont obligés de faire appel aux ambulances de Kowel, un village situé non loin de Médina Sabkh, ou de Keur Ayib.
« L’ambulance est aujourd’hui un besoin urgent pour le poste de santé », a insisté Ndianko Cissé.
À son avis, Médina Sabakh remplit tous les critères pour être érigée en centre de santé secondaire ou, à défaut, en district sanitaire.
Revenant sur l’historique du poste de santé, le secrétaire exécutif indique que le premier Infirmier-chef de poste (Icp) s’appelait El hadji Papa Dieng.
Après le départ à la retraite de ce dernier et quelques années de vacance du poste, il a été remplacé par Cheibane Wade en 1978.
À la suite du décès de ce dernier, Thierno Sonko a pris la relève en 2003. Il est resté en poste jusqu’à son départ à la retraite, en 2023.
Depuis lors, c’est Moustapha Mbaye qui dirige l’établissement sanitaire.
Par Ndiol Maka SECK

