Des représentants d’institutions privées, des médecins, des techniciens ophtalmologistes et l’association des personnes handicapées réfléchissent sur les nouveaux mécanismes de financement de la santé oculaire. Un atelier national de deux jours se tient, depuis hier, à Thiès.
Thiès abrite, depuis hier, une rencontre sur les mécanismes de financement de la santé oculaire. Pendant deux jours, les participants vont examiner leurs besoins et identifier des stratégies afin d’améliorer l’accès aux soins oculaires. La rencontre est initiée par la Fédération des associations de personnes handicapées (Fsaph), avec l’appui de Sightsavers, une Ong qui accompagne les politiques de santé et de développement au Sénégal. L’activité a réuni des représentants des ministères de l’Économie, de la Santé, de l’Éducation, de la Famille, d’entreprises et de structures bancaires. Selon Abdou Cogna Diop, trésorier adjoint de la Fsaph, la rencontre se propose de faire l’état des lieux et de réfléchir sur les mécanismes de financement de la santé oculaire. « L’État a certes fait des efforts, mais le financement destiné à la santé oculaire est pris en charge en grande partie par les partenaires techniques et financiers. Face à un éventuel retrait de ces derniers et à la rareté des ressources, il est nécessaire de trouver de nouvelles sources de financement endogène», estime-t-il.
À ce propos, la Fsaph et les acteurs de la santé estiment qu’« il faut désormais que les collectivités territoriales et les entreprises, dans le cadre de la Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse), participent au financement de la santé oculaire ». Dans sa présentation, le Docteur Mouctar Dieng Badiane, coordonnateur du Programme national de promotion de la santé oculaire, a souligné que les soins de santé oculaires restent un problème majeur, même si des efforts sont faits, notamment dans l’élimination du glaucome. Dr Badiane a indiqué que le taux de prévalence de la cécité est de 1,42% au Sénégal, avec 165.000 aveugles et 550.000 non-voyants. Les principales causes sont la cataracte, le trachome et les vices de réfraction.
« Grâce aux interventions des partenaires comme Sightsavers et Direct Aid society, des performances réelles sont notées dans l’équipement et la formation des agents de santé », s’est réjoui Dr Badiane. Il a rappelé, au cours de cette rencontre, que le Sénégal compte 91 ophtalmologistes et 81 unités de soins oculaires. Cependant, une inégalité dans la répartition des ressources humaines et des infrastructures demeure un problème majeur. Selon le coordonnateur du Programme national de promotion de la santé oculaire, 60% des infrastructures sont situées sur l’axe Dakar-Thiès -Saint-Louis.
Pape Coly NGOME

