Pendant cinq jours (du 25 au 30 janvier), la région de Ziguinchor s’est livrée à un exercice stratégique majeur : identifier, hiérarchiser et anticiper les risques sanitaires susceptibles de menacer les populations. À terme, cette rencontre décisive a permis d’identifier au total 32 menaces.
ZIGUINCHOR- Face à la recrudescence des épidémies et à la complexité croissante des menaces sanitaires, la région de Ziguinchor a accueilli une rencontre dédiée aux mécanismes d’évaluation intégrée des risques pour la préparation et la réponse aux urgences sanitaires. Organisée par la Direction régionale de la Santé (Drs), en collaboration avec le Centre des opérations d’urgences, cet atelier a réuni l’ensemble des acteurs intervenant dans la gestion des situations d’urgence sanitaire. L’objectif était clair : identifier les risques prioritaires afin de renforcer la planification et d’anticiper les crises sanitaires dans cette partie sud du pays. Ces dernières années, le Sénégal a été confronté à plusieurs épidémies majeures, notamment la rougeole, la fièvre de la Vallée du Rift, la fièvre Crimée-Congo, la dengue, la fièvre jaune et plus récemment la Covid-19. Dans ce contexte, le pays avait conduit en 2016 une évaluation externe conjointe du Règlement sanitaire international (RSI), suivie de l’élaboration du Plan d’action national pour la sécurité sanitaire (PANSS) couvrant la période 2020-2023.
Toutefois, l’évaluation de la mise en œuvre de ce plan a révélé des résultats mitigés, fortement impactés par la pandémie de Covid-19. Plusieurs plans de préparation et de riposte ont été conçus, mais n’ont pas été régulièrement actualisés.
Dans la région de Ziguinchor, les travaux ont permis d’identifier pas moins de 32 menaces sanitaires, parmi lesquelles figurent les incendies, les accidents, la contamination des eaux, ou encore les cas de diarrhée aiguë. À ces menaces s’ajoutent des risques jugés élevés, tels que la rage, la dengue, le paludisme, les accidents de transport terrestre et les troubles civils.
Pour les autorités sanitaires, la préparation aux urgences repose avant tout sur une connaissance fine des risques. C’est cette étape cruciale qui conditionne la mise en place d’un dispositif de réponse adapté et efficace. Directeur régional de la Santé, le lieutenant-colonel Youssouph Tine a souligné l’ampleur des défis à relever.
« Nous avons recensé un ensemble de risques, dont certains présentent un niveau de gravité très élevé. En 2025, la région a enregistré des cas de dengue, avec malheureusement un décès. À cela s’ajoute la montée inquiétante de la consommation de stupéfiants, devenue de plus en plus préoccupante. Les menaces sont réelles et exigent une préparation rigoureuse pour une riposte adéquate », a-t-il expliqué. Venu présider la cérémonie de clôture, l’adjoint au gouverneur de Ziguinchor chargé du Développement, Alsény Bangoura, a insisté sur la nécessité d’une approche structurée et anticipative.
« La gestion des urgences sanitaires dans la région devient de plus en plus complexe. Il est donc impératif de mettre en place un plan de riposte cohérent, basé sur un document de planification solide, afin de mieux faire face aux différents risques sanitaires », a-t-il déclaré.
À travers cette rencontre, la région de Ziguinchor pose ainsi les jalons d’une stratégie plus proactive en matière de sécurité sanitaire. Une démarche essentielle pour protéger les populations, renforcer la résilience du système de santé et faire face, avec plus d’efficacité, aux urgences sanitaires actuelles et futures.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


