Nommé Associate Editor le 3 septembre 2026, le Directeur général de l’Agence sénégalaise d’Études spatiales (ASES) intègre un collège d’experts internationaux. Une consécration qui place le Sénégal sur l’échiquier mondial de la recherche spatiale.
C’est une reconnaissance qui dépasse le cadre strict de la carrière individuelle. En intégrant le premier comité éditorial de la revue scientifique internationale Deep Space Exploration, Maram Kairé ne porte pas seulement son expertise personnelle ; il inscrit le Sénégal dans le cercle très fermé des nations contributeurs aux débats scientifiques sur l’exploration de l’univers.
La nomination, officialisée ce 3 septembre, confie à l’ingénieur sénégalais la lourde tâche d’évaluer les travaux soumis à la publication. Aux côtés de représentants d’une vingtaine de pays – des États-Unis à la Chine, en passant par la France, l’Afrique du Sud ou Singapour – il participera à l’orientation scientifique d’une revue qui ambitionne de couvrir un spectre large : des technologies innovantes à la gouvernance de l’espace, en passant par les sciences fondamentales.
Un ascenseur pour l’expertise africaine
Cette nomination est inédite pour un expert sénégalais dans ce domaine. Elle agit comme un signal fort : la recherche africaine en sciences spatiales n’est plus seulement perçue comme une spectatrice, mais comme un acteur légitime. Pour Maram Kairé, qui dirige l’ASES, cette fonction est une passerelle directe vers les laboratoires d’idées les plus influents de la planète.
Commentant sa nomination, il estime qu’il s’agit d’n profond sentiment de responsabilité. « Être appelé à rejoindre, en qualité d’Associate Editor, le premier comité éditorial de Deep Space Exploration, aux côtés d’une soixantaine de scientifiques et experts internationaux, constitue une reconnaissance qui dépasse ma personne. J’y vois aussi la reconnaissance du chemin parcouru par le Sénégal et un message adressé à notre jeunesse et à la communauté scientifique africaine », a dit Marame Kaïré.
Il se dit convaincu que « nous avons notre place dans les grandes aventures scientifiques de notre temps. Nous devons être présents non seulement lorsque les technologies spatiales sont utilisées, mais également là où les connaissances sont produites, où les grandes orientations scientifiques sont discutées et où se prépare l’avenir de l’exploration spatiale. »
En effet, cette nomination intervient à un moment clé pour le Sénégal. Le pays, à travers son agence spatiale, s’emploie à structurer une filière nationale dédiée aux sciences et à l’innovation. La participation de son Directeur général à ce comité doit faciliter la mise en réseau des chercheurs locaux avec leurs homologues étrangers, et attirer sur Dakar des collaborations jusqu’alors réservées aux grandes capitales scientifiques.
La revue Deep Space Exploration s’appuie sur des institutions prestigieuses, comme le Harbin Institute of Technology ou l’International Deep Space Exploration Association (IDSEA). La présence sénégalaise dans cette instance éditoriale est donc une opportunité concrète de tisser des liens avec les géants chinois et occidentaux du secteur.
O. FEDIOR


