La deuxième édition du Salon international des médias d’Afrique (SIMA) s’ouvre ce jeudi 8 octobre au Grand Théâtre Doudou Ndiaye Coumba Rose de Dakar, pour quatre jours d’échanges consacrés aux transformations de l’écosystème médiatique africain. Professionnels des médias, institutions, régulateurs, chercheurs, producteurs de contenus et acteurs technologiques sont attendus autour du thème « Bâtir un écosystème médiatique souverain et performant ».
Après une première édition qui avait réuni des représentants de 24 pays africains et enregistré quelque 3 500 présences cumulées aux 14 panels, le SIMA entend franchir un nouveau cap cette année. Les organisateurs annoncent plus de 5 000 participants pour cette deuxième édition, avec une programmation articulée autour de conférences, panels, ateliers, expositions, rencontres professionnelles et sessions de réseautage.
La première journée, consacrée à l’économie et aux nouveaux modèles, doit ouvrir les discussions sur l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les médias africains : leur viabilité économique. Financement, publicité, monétisation des contenus, diversification des revenus et résilience des entreprises de presse figurent parmi les principaux sujets au programme. L’objectif est notamment de réfléchir aux conditions permettant aux médias de consolider leurs modèles économiques tout en finançant leur transformation.
Les travaux se poursuivront vendredi autour des technologies et de l’intelligence artificielle. Les débats porteront notamment sur les usages de l’IA dans les rédactions, la production audiovisuelle, la vérification de l’information, la data et la distribution des contenus. Cette journée intervient dans un contexte marqué par l’accélération de l’introduction des outils d’intelligence artificielle dans les métiers de l’information.
Le volet technologique constitue l’un des axes annoncés par les organisateurs pour cette deuxième édition. Lors des préparatifs du salon, le coordonnateur du comité de pilotage, Mactar Silla, avait insisté sur la nécessité pour l’ensemble de l’écosystème médiatique africain – agences de presse, presse écrite, radios, télévisions, influenceurs, producteurs de contenus et industries culturelles et créatives – de réfléchir collectivement aux mutations du secteur.
Le samedi 10 octobre sera consacré à la confiance, à l’éthique et à la régulation. Le droit à l’information, la déontologie et la souveraineté des médias seront au cœur des échanges, dans un environnement marqué par l’essor des réseaux sociaux, la circulation massive de contenus et le développement des contenus synthétiques.
La dernière journée, dimanche 11 octobre, sera dédiée aux compétences et aux coopérations africaines. Des formations, masterclass, rencontres B2B et échanges professionnels doivent permettre de renforcer les liens entre rédactions, écoles, producteurs, régulateurs et acteurs technologiques.
Au-delà des débats, le SIMA veut ainsi favoriser les rencontres entre les différents maillons de la chaîne de l’information. Le salon se présente comme une plateforme destinée à créer des passerelles entre journalistes, éditeurs, producteurs, institutions, créateurs de contenus, écoles et entreprises technologiques. Cette approche doit également favoriser les partenariats et les projets communs à l’échelle du continent.
La dimension internationale est également mise en avant. L’Algérie et l’Allemagne ont été désignées pays invités d’honneur, respectivement pour l’Afrique et l’Europe. La présence de délégations étrangères doit contribuer à élargir les échanges entre les professionnels africains et leurs homologues d’autres espaces médiatiques.
Pour les organisateurs, l’enjeu dépasse le seul secteur de la presse. Il s’agit de renforcer la capacité des acteurs africains à produire, diffuser et protéger leurs propres contenus et leurs propres récits. Le SIMA prévoit notamment l’élaboration d’une Charte africaine de l’intelligence artificielle dans les médias ainsi que l’adoption d’une Déclaration de Dakar actualisée.
Pendant quatre jours, Dakar sera ainsi au centre des discussions sur les mutations économiques, technologiques et professionnelles qui redessinent le paysage médiatique africain. Une rencontre qui entend faire du continent non seulement un espace de consommation de contenus, mais également un acteur de leur production, de leur diffusion et de leur régulation.


