En deux ans, le Pool judiciaire financier (PJF) a eu des résultats satisfaisants. Il a traité 750 dossiers et saisi plus de 100 milliards de FCFA en espèces et en biens mobiliers et immobiliers.
Le Pool judiciaire financier (PJF) poursuit le traitement des nombreux dossiers qui lui sont confiés et qui portent sur des faits présumés de détournement de deniers publics, d’escroquerie, de corruption et de blanchiment de capitaux. Dans un entretien accordé à la RTS, le jeudi 10 septembre 2026, le procureur de cette juridiction, El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, a fait le bilan de ses deux années d’activités.
Selon lui, durant cette période, le PJF a traité 750 dossiers dont 610 sont actuellement pendants devant les cabinets d’instruction. Cela, poursuit-il, a entraîné l’arrestation de 1 391 personnes qui ont été interpellées et déférées devant le PJF, donnant lieu à plus de 1 000 mandats de dépôt ou arrestations.
« Les infractions qu’on rencontre dans ces différents domaines de compétence sont les abus de confiance, l’escroquerie, le blanchiment de capitaux, le trafic de migrants, les infractions douanières, les infractions fiscales et la violation de la réglementation bancaire », a expliqué le procureur financier, rappelant que le Pjf dispose de compétences qu’il partage avec les juridictions de droit commun et de compétences qui lui sont exclusivement réservées.
À l’en croire, à ce jour, les cabinets d’instruction ont clôturé et renvoyé en jugement 114 dossiers. Parmi ces derniers, « 83 ont été jugés », a-t-il fait savoir. Selon lui, en deux ans, les sommes saisies ou déposées à la Caisse des dépôts et des consignations (Cdc) s’élèvent à 40,6 milliards de FCFA.
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Il a ajouté la saisie d’une créance de 59,342 millions de FCFA, des cautionnements en nature portant sur 7 immeubles bâtis d’une valeur de 4,630 milliards de FCFA, ainsi que la saisie de 118 véhicules et de titres fonciers représentant plus de 200 hectares. À cela s’ajoutent la saisie de deux appartements de type F3 et F4, dont la valeur n’est pas encore estimée, ainsi que plusieurs biens mobiliers.
« Au total, on en est à plus de 100 milliards de FCFA de saisies en espèces et en biens immobiliers », a souligné le maître des poursuites, rassurant que les dossiers que l’on appelle « les gros dossiers » vont bientôt sortir et être jugés.
Il a également indiqué que les dossiers traités par leur juridiction ne sont pas des dossiers classiques. Ce sont des affaires d’une certaine complexité, qui nécessitent un certain nombre d’investigations et impliquent plusieurs acteurs nationaux et internationaux. « C’est ce qui explique souvent les lenteurs », a-t-il justifié.
Aliou DIOUF

