Il était le deuxième Khalife général des Mourides, Serigne Fallou Mbacké, né en 1889, a accédé à la tête de la confrérie à la suite du rappel à Dieu de son frère Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké, en 1945. Ainsi, l’initiateur du Grand Magal de Touba guidera la Mouridiyyah pendant 23 ans. Il sera rappelé à Dieu le 6 août 1968.
Fils de Cheikh Ahmadou Bamba, le deuxième khalife du Mouridisme, Serigne Fallou Mbacké, est né en 1889. Il a grandi dans un foyer entièrement dédié à la foi, à l’éducation et au service d’Allah. Formé dès son jeune âge au Saint Coran et aux sciences religieuses par de grands maîtres, il incarna très tôt la discipline, la rigueur et la fidélité à la voie mouride.
Son parcours le mena à assumer le khalifat général de la Mouridiyyah en 1945, à la suite du rappel à Dieu de son frère aîné et premier khalife général des mourides, Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké. Un règne qui a débuté dans un contexte difficile marqué par la pauvreté et la famine.
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Cependant, dès les premières années de son magistère, un renouveau s’opéra au sein de la communauté, attribué à la baraka de ses prières et à son sens élevé des responsabilités. En 1947, il consacra la célébration du premier Grand Magal à Touba, faisant de la ville sainte le cœur du rassemblement mouride. Attaché à l’intention de son père, il accomplit le pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam en 1928, marquant une étape spirituelle majeure de son parcours.
Sous son magistère, Touba connut une transformation durable : l’achèvement et l’inauguration de la Grande Mosquée le 7 juin 1963, en présence du président de la République de l’époque, Léopold Sédar Senghor ; l’urbanisation de la ville, l’accès à l’eau et à l’électricité, ainsi que la mise en place d’infrastructures sociales essentielles. Il peut citer aussi la création du marché Ocass, devenu l’un des plus grands centres commerciaux du pays.
Par son enseignement, ses relations spirituelles profondes et son engagement constant au service des populations, il laissa un héritage durable, façonnant la Mouridiyyah et faisant de Touba un centre spirituel, social et économique toujours vivant.
Sur le plan éducatif et spirituel, il a créé un “daara” (école coranique) à l’intérieur de la grande mosquée de Touba pour l’apprentissage du Coran et l’enseignement des valeurs islamiques. Au-delà, il offre l’opportunité, pour des centaines de disciples mourides, d’effectuer un séjour spirituel à Ndindy, un village fondé en 1913 par Serigne Fallou et qui fait désormais partie de la commune de Touba. Il a également instauré la lecture quotidienne du Saint Coran dans la grande mosquée, une tradition toujours perpétuée.
Convaincu que l’agriculture constituait la base du développement du mouridisme, Serigne Fallou Mbacké initia une véritable révolution agricole à travers la fondation de nombreux villages, faisant du travail licite un pilier du financement de la mosquée et de la solidarité sociale.
Dans le domaine de l’urbanisme, Serigne Fallou Mbacké a procédé au lotissement de Touba en 1959, afin d’améliorer le cadre de vie des populations. Il a aussi œuvré au renforcement de l’approvisionnement de la cité religieuse en eau potable, notamment à travers la construction de nombreux puits.
M. DIEME

